Par défaut...
CAPCAP

Aucune participation prévue dans les 8 semaines à venir.

Sa fiche

Par défaut...

Par CAPCAP - 22-05-2018 22:17:36 - 4 commentaires

Quel est cette étrange prédisposition?
D'où provient cette bascule entre deux états opposés? Quelle en est la cause?
Cet état nouveau saura-t-il durer? Est-ce passager? Ou est-ce un changement définitif?
Pas facile de répondre à ces questions…

Oui, une prédisposition au bonheur habite mon esprit depuis quelques temps.
Par défaut, une humeur apaisée est en moi.

Est-ce dû à une décennie de psychothérapie? Ou à la récente Gestalt thérapie?
Est-ce dû à l'évolution de mon travail?
Est-ce dû à l'âge?
Est-ce dû à la méditation?
Est-ce l'aboutissement d'un travail sur le renoncement?
Est-ce dû à l'observation des plantes et des animaux?
Est-ce dû à l'écoute d'Eric Baret?
Est-ce dû à ma fréquentation nouvelle du club de CàP les FrontRunners de Paris?
Déjà est-ce une réalité ou un mirage?
Au-delà de ces agréables semaines, cette prédisposition au bien-être est-elle un état par défaut durable? Pour longtemps? Toujours?

Qu'il est appréciable de se sentir bien par défaut !
C'est véritablement une nouvelle vie, après des décennies de prédisposition au mal-être. Oui, j'ai souffert pendant l'essentiel de ma vie du début de l'adolescence jusqu'ici, il y a quelques semaines... pas loin de 40 ans.
Se plaindre de cette humeur dépressive par défaut, cela n'aurait été possible qu'en ayant une conscience certaine de ce que peut être l'humeur par défaut des humains. Sur France Culture, j'ai entendu des éminences décrire la capacité des humains à s'appesantir sur leurs états moribonds passagers, alors que les études montrent que l'état de base humain est positif. C'est en découvrant cette bonne-humeur de base que je me rends compte de la réalité de mon mal-être pendant toutes ces années. Je n'ai pas dû assez m'en plaindre (à qui d'ailleurs???) D'ailleurs qu'aurait-on pu faire pour moi?

Quels changements ces derniers temps?
- Un certain détachement en moi, une sorte d'acceptation des choses telles qu'elles sont, comme l'évoque le méditant Eric Baret. Dans ses vidéos, il semble assez barré, pourtant ses propos ont souvent un bel écho en moi.
- La méditation m'a apporté au moins deux choses, d'une part la capacité au retour au calme pour ma tête embrouillée, et d'autre part une certaine présence à l'instant. Et il semble y avoir encore beaucoup à découvrir avec elle.
- Au travail, un bon coup de houle ne me déstabilise pas autant qu'avant, je reste assez calme. Il ne s'en suit plus une sidération. Mais maintenant une énergie me permet de faire en sorte de donner le coup de barre en vue de retrouver le cap.
- Est-ce qu'une forte réactions biochimique de mon corps pourrait être une défense face à cette petite souffrance trop longue?
- Cela pourrait-il être parallèle aux problèmes cardiaques récents et à répétition de mon père?
- Et si c'était dû à une soudaine recrudescence de naïveté dans ma tête? Non je ne crois pas. Je suis toujours assez pessimiste sur l'avenir. Seulement plus détaché. Non pas détaché de l'envie de faire ma petite part pour faire évoluer les choses. Mais détaché de la colère. Oui je crois que j'ai perdu beaucoup de colère intérieure. La plupart de mes proches ne connaissaient pas ma colère intérieure. Elle restait là, à l'intérieur, en boule, sous une apparence calme. Ma psy voulait qu'elle sorte, qu'elle s'exprime. Je crois qu'elle s'est dissoute. Ça me va bien.
- Cela pourrait-il être le début d'une certaine sagesse? Ça m'amuserait franchement ! Ce terme est si galvaudé et si peu à la mode ! Mais la mode fait partie des choses qui ne m’intéressent pas du tout. Je ne ressens pas le besoin d'exprimer quelque chose par mes vêtements (ma réussite, mon appartenance, une quelconque supériorité...)

Avec cette humeur favorable, je me sens enfin plus disponible pour les autres. Pas plus habile pour les aider, mais déjà un peu plus à l'écoute. L'empathie est très à la mode sur le papier des magazines. Mais comment se travaille l'empathie?

Tout n'est pas parfait pour autant.
Récemment j'étais en formation, et je me suis senti perturbé par une difficulté certaine à suivre, le fait que je sois plus âgé, m'est apparu assez évident. Les problèmes de mémoire sont plus nombreux. Mon médecin disait que c'était lié à l'humeur dépressive. Ce bien-être par défaut n'a rien arrangé à mes manques de mémoire. Parfois je n'arrive pas à finir une phrase car je n'ai pas mon mot et que je n'arrive pas à trouver d'autres formulations pour m'exprimer. Et souvent je ne me rappelle plus de ce que j'ai fait ou non dans mon travail.
Et si je suis apaisé, ça ne me fait pas faire plus de choses pour autant. Mon appart est dans un état proche de la catastrophe, feuilles de soins non envoyées à la sécu depuis 2 ans, absence de sauvegarde informatique, arrivée au mariage de mes meilleurs amis sans cadeau... Mais à défaut de faire tout ça, je prends mieux mon incapacité à faire. C'est comme ça, c'est tout. Je fais un peu quand même. Avec quelques problèmes. Aujourd'hui j'ai oublié mon rendez-vous de psy. Certains diront "acte manqué". J'en doute. J'ai aussi oublié d'appeler mon assurance pour dégâts des eaux.

Et après... ?
Pourquoi est-ce que je voudrais assumer cette vie folle, dans cette société complètement folle? Je fais ce que je peux. Voilà.
Il faudrait peut-être connaître un sens de la vie pour vouloir en faire plus. Je sais que des gens vivent très fort en aidant les autres, dans des ONG par exemple. Je ne m'en sens pas la force.
Je ne suis qu'un quidam, un peu seul, qui mène sa petite vie. Et qui a trouvé de l'apaisement. Ce qui ne m'empêche pas de me questionner sur la société et sur ma vie.
Si je devais me donner un objectif, ce serait de transformer ma timidité et mon manque de confiance en moi en une saine humilité. De l'extérieur, ça pourrait sembler similaire. Et pourtant, intérieurement la signification de mon comportement en serait tout autre.

Suis-je mégalo? Suis-je naïf? Suis-je sage? Je n'en sais rien. Mais je m'en fous, donc je suis.

Ce billet est destiné à ceux qui voudront bien le lire, mais plus particulièrement à ceux qui m'ont fait l'honneur d'un échange, d'un encouragement, d'un mot de réconfort suite à mes précédents billets.

Billet précédent: David Buckel s'est immolé

4 commentaires

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 23-05-2018 à 10:12:36

L'acceptation est une forme de sagesse qu'il ne faut pas confondre avec le renoncement qui est une sombre folie. Content de voir que tu vas mieux.

Commentaire de philtraverses posté le 23-05-2018 à 23:29:38

Par contre il y a quand même ce qui semble être de l'apragmatisme..
Et sinon accepter c'est accepter de ne plus chercher à atteindre la perfection et accepter que l'humain est l'exact contraire de la perfection avec ses lâchetés, ses petits compromis, ses mensonges.sa duplicité naturelle, son égoisme naturel ou social selon etc
Chercher la perfection chez soi et les autres ne peut qu'amener souffrance et déception
Accepter de ne pas être parfait et que jamais tu n'atteindras cette perfection, même si par nature tu cherches toujours une forme de perfection et que les autres sont comme toi, imparfaits, est de nature à apporter sérénité et bonheur.

Commentaire de Mustang posté le 25-05-2018 à 16:15:10

Tu mûris. tu commences à faire la part des choses, à retenir l'essentiel, c'est ce que le monde, malgré ce qu'il soit, peut t'apporter de positif. Avancer dignement, malgré les embûches et vivre ce monde et vivre ta vie !

Commentaire de CAPCAP posté le 29-05-2018 à 19:30:20

Merci pour vos messages ;-)

@Lutin, je pense que ça dépend de ce qu'on mets derrière le mot "renoncement".
Renoncer à gagner plus, à faire toujours plus de km en CàP, à certains rêves dont on se rend compte, avec l'âge, qu'il sont inaccessibles... Pas la peine de se torturer pour rien.
Je ne renonce pas à l'amour, mais je ne me fais plus une injonction de trouver quelqu'un... et dans l'attente je vis mieux ma solitude.

@philtraverses, "apragmatisme" je ne connaissais pas ce mot. Ouf, je n'en suis pas là. Entre ne plus arriver à entreprendre des choses et accepter qu'on n'arrive pas à tout faire, il y a de la marge. Bon d'accord, personnellement je manque un peu d'esprit d'entreprise et je m'occupe plus souvent de mon bien-être présent. Mais professionnellement, je suis beaucoup plus efficace qu'avant et j'entreprends plus.
Accepter l'imperfection ne s'accompagne pas (dans mon cas) d'un renoncement à progresser, seulement je sais que je fais ce que je peux, pas l'impossible.

@Mustang, oui, je pense qu'à 50 ans j'aurai juste terminé mon adolescence tout en ayant une part d'expérience du quadra ! ;-)
Effectivement "dignement" est un mot qui a bien du sens pour moi.

Soirée philo vendredi, je devais intervenir, il y avait pas mal de têtes inconnues, mon niveau de stress est remonté. Le "je fais pour le mieux" s'évanouissait au profit de ce vieil ami, le manque de confiance en moi. Puis il y a eu des échanges un peu musclés et je ne supporte toujours pas bien ça. Stress à priori passager.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Haut de page - Aide - Qui sommes nous ? - 0.16 - 19412 visites