KikouBlog de CAPCAP - Août 2019
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De l'Abandon et du renoncement

Par CAPCAP - 06-08-2019 07:29:54 - 6 commentaires

Plus de 13 ans que je participe à ce forum, seulement un peu plus d’un an que j’écris sur mon kikoublog. Peut-être de façon trop ouverte. Mais le fait que la CàP ait été si importante dans ma vie, me retient toujours sur Kikouroù.
Je me suis lâché en période de crise car il y avait urgence. J'ai bien moins écrit quand j'allais bien, car d'autres choses m'appelaient.

Aujourd'hui je sors d'une belle période, où le calme intérieur m'habite. Avec un fond de doute cependant. En effet, je perçois ce calme intérieur essentiellement comme le fruit d'un abandon de prétention, pour reprendre Eric Baret. Prétendre à avoir un meilleur salaire, une voiture rouge, un compagnon... prétendre à un bon niveau de CàP dans mon club, à faire des ultra-distances... Tout ceci n'est que prétention, et je crois avoir commencé à vivre ce détachement, même si je ne m'en croyais pas capable.

En compensation, j'ai donné plus de place à la contemplation, l'écoute d'un chant d'oiseau, l'observation de la croissance d'une plante ou du déploiement d'une fleur... Mais je me suis aussi vu conquis par la joie, en voyant l'amour paternel d'un homme posant sa main sur la tête de son fiston. Jusque-là ces visions me remplissaient d'amertume et d'envie. Je suis donc devenu capable de bonheur à la vue de l'amour des autres, quelle évolution!

Mais comment vais-je diriger ma vie avec ça dans la tête? Il y a tant de choses auxquelles je n'ai pas (encore?) renoncé, que je ne peux pas être ascète ou illuminé. Cependant je ne vis pas très bien les rivalités des envieux de mon boulot, et encore je suis dans la fonction publique. Je voudrais juste pouvoir donner le meilleur de moi-même dans mon job et qu'on me foute la paix. Je n'ai pas grand chose à quoi m'accrocher dans cette vie, et mon travail en est la première. J'ai besoin de croire en ce que j'y fais.

Mais aujourd'hui, en réunion de service, on nous a parlé de la nécessité de dégager du temps pour la structuration du service. Sur le fond je trouve ça très bien, sauf que je me sens déjà saturé, pas loin de la noyade. J'ai besoin de faire les choses bien, j'ai énormément de difficulté à faire vite et mal. J'ai alors l'impression de trahir l'intérêt public et de ne plus mériter de ma collectivité.
Ça peut paraître débile, dans ce monde brutal, de penser ainsi, ou au moins faire sourire. Mais on peut être un petit fonctionnaire avec une petite vie, solitaire, et donner beaucoup de sa personne. Bien sûr ça n'est pas pour autant qu'on sera compris ou remercié. Là aussi il me semble qu'il faut tenter d'abandonner ses prétentions et se suffire d'y mettre son cœur et son énergie. Encore faut-il rester connecté aux réalités et répondre aux attentes, sans délirer sur ce qu'il faudrait faire si j'étais décideur; chacun à sa place, si possible avec bienveillance et loyauté (?!?)

Je me demande si le bouddhisme est compatible avec notre société. Est-ce que ça peut cohabiter avec le capitalisme? Est-on voué à se désinsérer et à chercher une place marginale?
Je ne suis qu'au début de mon chemin bouddhiste, mais déjà ces questions se posent. Ai-je confiance ou ai-je peur? Pour Eric Baret, ce sont toujours des peurs qui nous font agir. Mais je suis encore très très loin d'avoir lâché mes peurs.
Notamment je sais que j'ai une grande peur en moi de mes congénères humains, qui remonte à l'enfance, mais très renforcée à l'adolescence quand je me suis découvert homo. À cinquante ans je n'ai toujours pas su dépasser ça. Je crois que je n'ai plus qu'à abandonner ma prétention à me "guérir" et à accepter de vivre avec mes fêlures, même si elles me privent de tout un pan de la vie humaine.
Je ne crois plus aux psychothérapies même si je n'arrête pas, on ne sait jamais, je pourrais me tromper...
Je préfère vivre à moitié mais avec un certain contentement, que de croire encore aux soins mentaux et à une trop hypothétique vie meilleure.
"Renoncer", je l'évoquais dans un précédent billet. Je l'ai croisé, écrit avec beaucoup de force par Eric Baret dans "De l'Abandon"
Je ne sais pas où je vais, mais au fond, qui sait où il mène sa vie?

Et tant pis si je ne renonce pas à la prétention de vous intéresser et de trouver vos commentaires ci-dessous...

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