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Prise de conscience cardiaque !

Par CAPCAP - 09-07-2018 21:49:46 - 2 commentaires

Je m'étonne de ne pas y avoir vraiment pensé plus tôt.
Si on doit m'opérer de la valve mitrale quand mon taux de BNP passera au-dessus de 100, c'est que je serai bien affaibli.

 

Je n'avais pas encore pris conscience de cette période de diminution qui précédera l'opération que mon cardiologue dit inévitable.
Si je ne veux pas inutilement souffrir de cette perte de forme physique liée à la maladie de ma petite pompe, ne faut-il pas que je m'y prépare mentalement?

 

Devrais-je alors voir ma petite fissure du ménisque comme un bien??? En effet, elle m'a fait faire une pause, 14 mois sans courir, avec beaucoup moins de sport, me rabattant sur la marche. Et apprenant à accepter cette situation.

Car c'était volontaire de ma part, cet arrêt de la CàP avait pour but de voir si le ménisque voulait bien se ressouder. Volontaire et non subit. Ce problème du genou m'a fait sortir d'une certaine dépendance au sport, et m'a fait regarder en face (enfin je crois) mon rapport à l'activité physique.

 

Je suis vraiment à l'opposé du grand sportif qui se croit invincible et est brutalement arrêté par un infarctus. Moi je sais que ça va venir, doucement mais inéluctablement… Conscient de ça, je peux regarder monter la vague qui va me submerger, ou tenter de surfer le plus doucement possible, le plus loin possible et avec la meilleure humeur possible...

 

Mais puis-je me préparer à me voir diminuer? Est-il possible de se préparer à être de plus en plus essoufflé, jusqu'à ce qu'on déclenche l'intervention?

Comment ne pas laisser grandir la peur de l'affaiblissement, de ne plus prendre plaisir au sport parce que je verrai tous ses proches me doubler? Que mes jambes demanderont de l'oxygène pour en faire plus, mais ça ne viendra pas? Que je perdrai ce statut de sportif et l'image qu'il me donne de moi-même?

 

Je suis déjà très reconnaissant aux personnes qui m'ont fait découvrir la méditation, car je pressens cette pratique comme une piste pour supporter cette diminution, en adossant mon bien-être sur le présent, ce "bien-être animal" que j'ai un peu découvert en moi.

 

En attendant, c'est mon père qui va se faire opérer du cœur à l'automne, de ce même prolapsus héréditaire. Mais lui ça sera cage thoracique et cœur ouverts…

J'espère éviter ça en ne tardant pas trop. Cependant on n'anticipe pas une opération pareille, comme on pourrait le faire sur un ménisque par exemple.

 

Voici une raison de plus, s'il en fallait, de me mettre plus encore à la méditation!

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Par défaut...

Par CAPCAP - 22-05-2018 22:17:36 - 4 commentaires

Quel est cette étrange prédisposition?
D'où provient cette bascule entre deux états opposés? Quelle en est la cause?
Cet état nouveau saura-t-il durer? Est-ce passager? Ou est-ce un changement définitif?
Pas facile de répondre à ces questions…

Oui, une prédisposition au bonheur habite mon esprit depuis quelques temps.
Par défaut, une humeur apaisée est en moi.

Est-ce dû à une décennie de psychothérapie? Ou à la récente Gestalt thérapie?
Est-ce dû à l'évolution de mon travail?
Est-ce dû à l'âge?
Est-ce dû à la méditation?
Est-ce l'aboutissement d'un travail sur le renoncement?
Est-ce dû à l'observation des plantes et des animaux?
Est-ce dû à l'écoute d'Eric Baret?
Est-ce dû à ma fréquentation nouvelle du club de CàP les FrontRunners de Paris?
Déjà est-ce une réalité ou un mirage?
Au-delà de ces agréables semaines, cette prédisposition au bien-être est-elle un état par défaut durable? Pour longtemps? Toujours?

Qu'il est appréciable de se sentir bien par défaut !
C'est véritablement une nouvelle vie, après des décennies de prédisposition au mal-être. Oui, j'ai souffert pendant l'essentiel de ma vie du début de l'adolescence jusqu'ici, il y a quelques semaines... pas loin de 40 ans.
Se plaindre de cette humeur dépressive par défaut, cela n'aurait été possible qu'en ayant une conscience certaine de ce que peut être l'humeur par défaut des humains. Sur France Culture, j'ai entendu des éminences décrire la capacité des humains à s'appesantir sur leurs états moribonds passagers, alors que les études montrent que l'état de base humain est positif. C'est en découvrant cette bonne-humeur de base que je me rends compte de la réalité de mon mal-être pendant toutes ces années. Je n'ai pas dû assez m'en plaindre (à qui d'ailleurs???) D'ailleurs qu'aurait-on pu faire pour moi?

Quels changements ces derniers temps?
- Un certain détachement en moi, une sorte d'acceptation des choses telles qu'elles sont, comme l'évoque le méditant Eric Baret. Dans ses vidéos, il semble assez barré, pourtant ses propos ont souvent un bel écho en moi.
- La méditation m'a apporté au moins deux choses, d'une part la capacité au retour au calme pour ma tête embrouillée, et d'autre part une certaine présence à l'instant. Et il semble y avoir encore beaucoup à découvrir avec elle.
- Au travail, un bon coup de houle ne me déstabilise pas autant qu'avant, je reste assez calme. Il ne s'en suit plus une sidération. Mais maintenant une énergie me permet de faire en sorte de donner le coup de barre en vue de retrouver le cap.
- Est-ce qu'une forte réactions biochimique de mon corps pourrait être une défense face à cette petite souffrance trop longue?
- Cela pourrait-il être parallèle aux problèmes cardiaques récents et à répétition de mon père?
- Et si c'était dû à une soudaine recrudescence de naïveté dans ma tête? Non je ne crois pas. Je suis toujours assez pessimiste sur l'avenir. Seulement plus détaché. Non pas détaché de l'envie de faire ma petite part pour faire évoluer les choses. Mais détaché de la colère. Oui je crois que j'ai perdu beaucoup de colère intérieure. La plupart de mes proches ne connaissaient pas ma colère intérieure. Elle restait là, à l'intérieur, en boule, sous une apparence calme. Ma psy voulait qu'elle sorte, qu'elle s'exprime. Je crois qu'elle s'est dissoute. Ça me va bien.
- Cela pourrait-il être le début d'une certaine sagesse? Ça m'amuserait franchement ! Ce terme est si galvaudé et si peu à la mode ! Mais la mode fait partie des choses qui ne m’intéressent pas du tout. Je ne ressens pas le besoin d'exprimer quelque chose par mes vêtements (ma réussite, mon appartenance, une quelconque supériorité...)

Avec cette humeur favorable, je me sens enfin plus disponible pour les autres. Pas plus habile pour les aider, mais déjà un peu plus à l'écoute. L'empathie est très à la mode sur le papier des magazines. Mais comment se travaille l'empathie?

Tout n'est pas parfait pour autant.
Récemment j'étais en formation, et je me suis senti perturbé par une difficulté certaine à suivre, le fait que je sois plus âgé, m'est apparu assez évident. Les problèmes de mémoire sont plus nombreux. Mon médecin disait que c'était lié à l'humeur dépressive. Ce bien-être par défaut n'a rien arrangé à mes manques de mémoire. Parfois je n'arrive pas à finir une phrase car je n'ai pas mon mot et que je n'arrive pas à trouver d'autres formulations pour m'exprimer. Et souvent je ne me rappelle plus de ce que j'ai fait ou non dans mon travail.
Et si je suis apaisé, ça ne me fait pas faire plus de choses pour autant. Mon appart est dans un état proche de la catastrophe, feuilles de soins non envoyées à la sécu depuis 2 ans, absence de sauvegarde informatique, arrivée au mariage de mes meilleurs amis sans cadeau... Mais à défaut de faire tout ça, je prends mieux mon incapacité à faire. C'est comme ça, c'est tout. Je fais un peu quand même. Avec quelques problèmes. Aujourd'hui j'ai oublié mon rendez-vous de psy. Certains diront "acte manqué". J'en doute. J'ai aussi oublié d'appeler mon assurance pour dégâts des eaux.

Et après... ?
Pourquoi est-ce que je voudrais assumer cette vie folle, dans cette société complètement folle? Je fais ce que je peux. Voilà.
Il faudrait peut-être connaître un sens de la vie pour vouloir en faire plus. Je sais que des gens vivent très fort en aidant les autres, dans des ONG par exemple. Je ne m'en sens pas la force.
Je ne suis qu'un quidam, un peu seul, qui mène sa petite vie. Et qui a trouvé de l'apaisement. Ce qui ne m'empêche pas de me questionner sur la société et sur ma vie.
Si je devais me donner un objectif, ce serait de transformer ma timidité et mon manque de confiance en moi en une saine humilité. De l'extérieur, ça pourrait sembler similaire. Et pourtant, intérieurement la signification de mon comportement en serait tout autre.

Suis-je mégalo? Suis-je naïf? Suis-je sage? Je n'en sais rien. Mais je m'en fous, donc je suis.

Ce billet est destiné à ceux qui voudront bien le lire, mais plus particulièrement à ceux qui m'ont fait l'honneur d'un échange, d'un encouragement, d'un mot de réconfort suite à mes précédents billets.

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David Buckel s'est immolé

Par CAPCAP - 15-04-2018 15:14:12 - 6 commentaires

Ce matin au journal de France Culture, j'apprends l'auto-immolation par le feu de David Buckel dans un parc de New-York.

D'ordinaire je suis assez peu attentif à ce type d’évènement faisant partie de "l'ordre du monde" où vivent 7,5 milliards d'humains. Tout homicide est dramatique, mais cela ne fait-il pas partie de la marge de la nature humaine?

Mais je me sentirai vite doublement concerné par l'information.

 

D'une part en raison du travail accompli par lui (et que je ne connaissais pas) pour la cause LGBT.

"David Buckel, 60 ans, était un célèbre champion des droits des homosexuels aux Etats-Unis, où il était intervenu dans plusieurs retentissants procès pour discrimination. Au sein de l'organisation de défense des droits civiques de la communauté LGBT Lambda Legal, il avait été à l'avant-garde du mouvement pour légaliser le mariage gay, maintenant reconnu juridiquement dans tous les Etats du pays." 20minutes.fr

 

D'autre part en apprenant la raison invoqué dans les courriers qu'il laissera:

"La pollution ravage notre planète et répand l'instabilité à travers l'air, le sol, l'eau et la météo"

"La plupart des humains sur la planète respirent maintenant un air rendu insalubre par les carburants fossiles et beaucoup, en conséquence, mourront prématurément - ma mort prématurée au moyen d'un carburant fossile reflète ce que nous sommes en train de nous faire à nous-mêmes"

 

Moi qui n'ai jamais eu vraiment le courage de militer pour ma "communauté" LGBT, ayant déjà eu beaucoup de mal à m'accepter comme homo, j'admire quelqu'un qui y aura consacré une partie importante de sa vie.

 

Moi qui n'ai jamais eu vraiment le courage de militer pour la cause environnementale, si ce n'est en en parlant un peu autour de moi. J'ai failli m'inscrire à ELV, mais la politique m'intéresse plus au sens de son étymologie, qu'au sens des partis politiques et de la gestion des élections. Chercher à gagner le pouvoir est malheureusement contradictoire avec ma vision de l'environnement où il est temps de collaborer.


Certes les questions environnementales semblent dans l'impasse, tant il y a à faire, et malgré de très nombreux efforts menés ça et là. Mais de là à s'immoler…

Je ne sais pas si on pourra discerner la part politique de la part personnelle dans ce geste ultime, mais je peux au moins m'interroger sur la première.

 

Une confidence: il n'y a pas si longtemps, j'allais et rentrais du stade en courant, dans la circulation parisienne, du temps où mon moral allait particulièrement mal. Ça se répercutait sur cette pollution aux gaz d'échappement et moi, d'ordinaire incapable d'élever la voix, je hurlais fréquemment des insultes sur les automobilistes. Et je me disais que si je devais être atteint d'un cancer lié à la pollution, j'irai m'immoler par le feu au cœur du mondial de l'automobile. Voila pourquoi ce geste à une très forte résonance en moi. Bon, ce n'était pas vraiment le "moi" profond, mais le "moi" pris par l'humeur dépressive.

 

Une anecdote, cette semaine, mon club de CàP LGBT a choisi son marathon d'automne: Athènes. Ma première réaction? Ils ont choisi celui pour lequel le transport aura le plus fort impact environnemental des 4 courses proposées.

Après on va se donner le mal d'avoir des gobelets en cartons plutôt qu'en plastique pour notre course de la Saint-Valentin, ce qui aura un impact ridicule.

 

Je reconnais aussi m'être posé la question de l'intégrisme environnemental. Devenir activiste, mais ne pas se contenter de violer la propriété privée comme Greenpeace pour montrer qu'on peu facilement pénétrer dans un point sensible d'une centrale nucléaire. Non, aller jusqu'à détruire. Car notre inaction environnementale tue, discrètement mais elle tue aujourd'hui et encore plus demain, il faut marquer les esprits, face à notre tranquille consumérisme.

Un attentat environnemental n'aurait pas d'effet positif. Les médias et les élus sont trop bien dirigés pour ne pas évaluer les deux faces d'un tel acte. Seul l'aspect négatif serait mis en lumière.


Aujourd'hui je suis partisan d'un certain humanisme. L'homme est comme ça, il se détruit et la Terre s'en remettra, de même que la vie reviendra après la potentielle prochaine guerre nucléaire. Comme toute chose dans cet univers a un début et une fin, il est possible que l'humanité approche de la sienne.

La nature ne nous a pas conçu avec suffisamment d'empathie, nous nous détruisons comme la cellule se détruit par apoptose quand son heure est venue.

 

Je regrette profondément cet auto-immolation de David Buckel. D'une part humainement. Mais aussi car je pense son acte vain. J'espère que l'avenir me démentira.


(Je suis conscient d'écrire ce billet d'un trait, et que je vais certainement évoluer dans mes pensées, et c'est sans doute une bonne chose, il faut toujours savoir évoluer.)

 

https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/15/le-celebre-avocat-americain-david-buckel-simmole-par-le-feu-pour-denoncer-la-pollution_a_23411603/

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Apprendre à se suffire ou souffrir

Par CAPCAP - 31-03-2018 13:43:23 - 5 commentaires

Apprendre à se suffire ou souffrir

Poursuite de ma réflexion sur le renoncement

 

Je reprends, renoncer peut être une libération vis-à-vis d'une vaine attente asservissante.

Par exemple, il n'est plus utile que je rêve de faire une belle carrière libérale, j'ai zigzagué pour atterrir fonctionnaire, à mon poste actuel, voila, point. Pas la peine de regretter ce qui ne sera pas. Je suis conscient de ne pas avoir l'esprit d'entreprise, alors que j'ai un vrai sens du service public. Mais il y a là peu de métiers créatifs.

 

Dans cette logique, renoncer n'est pas négatif, même au regard d'accepter qui serait son pendant positif. Au contraire, accepter peut exprimer, pour moi, la résignation à ce qui s'impose, un non-choix. Alors que renoncer peut relever d'une démarche volontaire de se défaire d'un asservissement.

 

Mais que faire après s'être allégé par le renoncement? La vie risque de flotter dans un certain vide, après s'être débarrassé d'envies inutiles et d'objectifs inatteignables. La nature (humaine) n'a-t-elle pas horreur du vide?

Alors je ne vois que deux chemins:

- Soit se trouver de nouveaux objectifs, raisonnables, atteignables, de petits objectifs, avec peu d'ambition, à la hauteur de ses capacités (restreintes)...

- Sinon, ne faut-il pas apprendre à apprécier ce qu'on a et ce qui s'offre banalement à nous, comme si cela était neuf?

 

Ça fait plusieurs fois que j'entends sur France Culture, que le cerveau est une formidable machine à apprécier la nouveauté. D'où notre asservissement au portable et aux réseaux sociaux. Mais il s'habitue très vite à ce qui se répète et n'y prête plus attention. D'où le fait que notre confort moderne ne nous fasse plus plaisir. On est blasés.

Petite anecdote: j'ai fais mon service militaire il y a plus de 20 ans à Tahiti. Hé bien une des choses dont je me souviens, c'est que l'eau du robinet n'était officiellement pas potable (depuis qu'un cadavre avait été jeté dans le réservoir…) Mais je me souviens aussi du plaisir retrouvé à pouvoir boire au robinet en métropole! Qui prend plaisir à ça? C'est pourtant une chance que beaucoup d'humains n'ont pas.

Par chance, il y a des petites choses du quotidien qui se répètent et sont pourtant tous les jours du "bien", chaque repas peut être un plaisir renouvelé (je n'ai pas dit "un voyage gustatif, une explosion en bouche, une découverte culinaire"…) Mais la papilles reprenant du service, elles disent au cerveau leur plaisir à goûter la nourriture revenue (bon, un Big Mac, je ne sais pas…)

 

Côté sport c'est plus compliqué. Voilà un an que je ne coure plus. Mais la CàP a été un tel bouleversement dans ma vie, qu'il m'est bien difficile d'y renoncer. Certes j'arrive à faire des séances de marche athlétique sur piste qui me font retrouver de l'intensité et donc le bien-être qui suit le sport.

Mais je ne retrouve pas la liberté de la CàP. Il faut vraiment faire un effort en marche pour avancer (8km/h), alors que le footing (12km/h) m'était naturel. On a vite fait de redescendre d'une marche "sportive" à une marche "balade".

En CàP, le footing permet à la fois la balade et le sport, ceci étant possible sur une journée entière, voire répété sur plusieurs jours, ce que j'aimais le plus.

 

Accepter de vieillir c'est aussi renoncer à la jeunesse. Percevoir les petits dérèglements du corps et subir les plus gros. Mais est-il possible de se concentrer sur tout ce qui fonctionne encore dans cette formidable machine qu'est le corps humain? Marcher en prenant conscience de tout le travail d'équilibrage que font les jambes? Sentir la faim qui nous informe d'un besoin; Réduire à bouillie des aliments avec ce qui nous reste de dents vivantes et de couronnes... en profitant au maximum de nos capteurs du goût; Sentir l'agréable satiété retrouvée, le petit coup de fatigue lié à la digestion (et incitant à une petite sieste), puis l'énergie retrouvée...

 

Vient aussi un moment où on ne va plus "chercher ses limites" par exemple sur un ultra. Bon, j'ai fait une fois une 215ème place sur 2650 partants sur la Diagonale. Bon, c'est fait, c'est du passé. Je suis content de "l'avoir fait".

Maintenant je ne chercherai plus "un peu plus loin" mes limites. Mes limites vont se rapprocher. Et pourtant elles seront tout aussi dures à atteindre. Moins valorisantes d'une certaine façon, car autant d'effort pour un résultat moindre. C'est la quête qui doit compter, pas le résultat. Mais si ce n'est plus un assouvissement de l'ego, qu'est-ce donc? Quand je suis (en marche) dans le 3° quart au lieu du 1er, je peux voir ça comme une déchéance ou comme une belle réussite, ça ne dépend que de moi, de ma façon de voir les choses.

 

C'est ce regard bienveillant sur ma vie, quel que soit son décalage avec mes aspirations passées, que je souhaite trouver.

L'idéal ne serait-il pas d'être capable de profiter de chaque inspiration?

Mais, si tant est que ce soit possible, quel décalage avec notre société!

 

Une chose manque significativement à cette réflexion: les autres.

Je dois redonner une place aux autres dans ma vie. A suivre, donc...

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7x7 est-ce un bon âge?

Par CAPCAP - 04-03-2018 22:26:36 - 10 commentaires

7x7 est-ce un bon âge? Ce serait l'âge de raison au carré ?


A 49 ans et quelques jours, je fais encore un peu le yoyo. Globalement l'activité me fait du bien, mais me fatigue aussi. du coup je dois me reposer et en week-ends, j'ai tendance à écrire des choses comme ceci:


On m'incite au travail... J'ai l'impression d'y mettre déjà beaucoup d'énergie.
Tout ce que je peux sur mes heures de boulot et même un peu plus (bien que je sois fonctionnaire)
Une fois par semaine depuis des années, le travail de psychothérapie. Pour le reste de la semaine, c'est parfois du travail, mais parfois aussi de la rumination...


J'essaie de réorganiser ma vie, ce travail est loin d'être facile, pour y mettre plus de rencontres, de petits bonheurs, tout en gardant une certaine cohérence. Mais j'ai l'impression qu'à chaque chose que je (re)fais en plus, j'ajoute de la fatigue qui me pèse alors sur le moral...


La syllogomanie, accumulation excessive d'objets, voici quelque chose de bien difficile à contrer. Des années que j'essaie en vain de me mettre à ranger ma chambre-bureau de tout ce qui l'encombre. Les gens ne comprennent pas cette difficulté. Ils pensent à du laisser-aller. Je vais peut-être faire appel à un spécialiste. J'ai honte et serait incapable de recevoir quelqu'un chez moi (si tant est que je débloque mon cœur et ma capacité de rencontre) A y regarder à nouveau, je ne crois pas être atteins de syllogomanie, je n'accumule pas irrésistiblement. J'ai par contre un gros problème à m'attaquer au rangement, une quinzaine d'année de retard de rangement. La CàP y est pour quelque chose car je suis monté jusqu'à 5 séances par semaines en plus du boulots... Puis 3 années en libéral où là j'ai fini de lâcher cette question du rangement. Après il était trop tard, je n'ai jamais su trouver cette énergie. De plus il y a plein de choses qu'il faudrait que je jette (pas touché depuis des années) mais je n'y arrive pas car elles correspondent à quelque chose que je voulais faire avec... et que je n'ai jamais pris le temps de faire. Regrets, remords...
Après il y a la question environnementale, j'ai du mal à jeter des choses qui pourraient être réutilisées, du coup, j'ai quantité de sacs, de flacons, de pots en plastic dits "jetables" mais trop "beaux" pour être jetés. Faut-il se faire à l'idée que cette guerre est perdue, qu'on va vers un dérèglement climatique majeur et forcément vers des conflits mondiaux? Que recycler mes quelques objets n'aura aucun impact sur le monde et l'humanité. J'ai à cœur de vivre "raisonnablement, peu de viande, pas de voiture, très très rarement l'avion, faible température chez moi, consommation bio et locale autant que possible, réduction des déchets à presque rien... de faire ma part du travail pour changer de civilisation. Jeter l'éponge me ferait souffrir par ailleurs, donc ça n'est pas une solution.


Mon grand problème est ma solitude. Mais comment rencontrer quelqu'un à presque 50 ans? Je n'aime pas danser. Je n'aime pas les bars de rencontre où la musique est toujours trop forte pour que j'entende quelque chose (me faire appareiller???) Après, il y a les associations de toutes sortes... Mais comme je suis homo, j'ai 20 fois moins de chance de rencontrer un homo dans un groupe quelconque. Demandez à un homme hétéro de cinquante ans s'il imagine avoir tout d'un coup 20 fois moins de chance de rencontrer l'âme sœur! Il va trouver ça impossible! Et il n'aura pas tord. Les homos sont très seuls de façon générale, ou alors accumulent les rencontres d'un soir (ou de quelques jours)


Bref, je veux bien travailler à redresser ma vie, mais je ne sais pas par quel bout m'y prendre...
Et sans vouloir me suicider, il y a bien des moments où j'aimerais juste ne plus être. Ne plus souffrir bêtement dans ce vide, alors que je pourrais faire tant de choses, mais que j'en suis incapable (comprenne qui peut)


J'ai eu pas mal de chances dans ma vie, naître sous un climat tempéré, dans un pays riche, dans un foyer plutôt aisé, avec mes 2 parents et 2 frères, dans une culture plutôt ouverte, j'ai pu faire des études longues... J'ai le sentiment d'avoir gâché ce que la vie m'a donné. Honte. La honte est très dure à porter, comme le dit Boris Cyrulnik (Mourir de dire : La honte, 2010) Déjà j'avais honte d'être homo, et je commençais juste à pouvoir prononcer le mot "homosexualité" sans l'estropier.
Ah! Si les thérapies de conversion existaient, je serais candidat pour devenir hétéro, mais ce serait déjà trop tard à mon âge.


Et pourquoi je suis incapable de fumer un pétard? Bon, c'est vrai que je ne saurais pas où m'en procurer, et j'ai peur que seul, ça ne m'amuse pas des masses.


Comme le disait Henri Laborit, l'art aurait pu être un bon moyen de fuite pour moi (Éloge de la fuite, 1976) ou une carrière de chercheur, je crois que j'ai le goût et la ténacité pour ça. Mais à 50 ans...


Il me reste à apprendre à vivre avec ce que je suis. Si je peux.
Bon, ces 49 ans ne s'annoncent pas encore comme l'année de la sagesse...
A suivre pour ceux que ne rebutent pas mes monologues.

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Ce soir serais-je libre?

Par CAPCAP - 18-02-2018 21:50:51 - 3 commentaires

14 février 2018 et un peu au-delà

Libre !!!

Ce soir serais-je libre?

Libre de quoi?

Libre de manger ce que je veux, en écoutant ce que je veux, et en regardant ce que je veux.

Mais est-ce être libre que de faire ce qu'on veut?

J'ai des doutes.

Tout juste une petite liberté, comme on parle des petits bonheurs quotidiens quand on n'ose pas parler du grand bonheur.

Libre aussi de ne pas inviter au resto, de ne pas acheter de rose...

On n'est pas libre de la saint-Valentin, quand on est seul.

 

Je suis libre de courir ou pas.

La dépendance n'est plus là. Ni physique, ni psychologique. Seul demeure un manque d'activité faisant prendre l'air et faire un peu de sport. Libre de devenir sédentaire?

 

Libre de travailler encore 17 ans, jusqu'à la retraite, sans risquer d'augmentation de revenu (je suis fonctionnaire et je dois rattraper mon échelon, soit 17 ans)

 

Mais je ne suis pas libre de mes choix et de mes réactions, elles sont trop dirigées par mon inconscient ou par mes micro-cerveaux. J'en suis conscient, mais ne peux pas y faire grand chose, si ce n'est m'en rendre compte après coup, ce qui est déjà un gros effort de prise de conscience.

 

Libre de toute religion, mais sans croyance qui me porte. Je suis libre d'assumer pleinement et personnellement les idéaux qui me guident.

 

Je suis libre d'être pétri d'écologie, d'être flexitarien, de ne prendre que très rarement l'avion, de chauffer très peu chez moi… et d'être un peu chiant...

 

Mais suis-je libre de mettre un jour fin à ma vie? La société fait tout pour qu'on ne le fasse pas. faut-il tant de travailleurs, de consommateurs, de contribuables pour nous sommer de vivre? Ou est-ce toujours l'interdit religieux dans une société qui se targue d'être laïque? Ou la peur d'assumer l'échec sociétal dans lequel les pays riches se trouvent avec un taux de dépressions très élevé?

 

Je suis libre de payer 2500€ par an de psychothérapie parce que la société n'est pas prête à prendre en charge ces soins. Sait-on seulement combien de psychothérapies sont pratiquées en France? Des centaines de milliers? Plus? Impossible à prendre en charge dans l'état de la Sécu. Ou alors il faut prouver qu'on est "vraiment" malade, et on est pris en charge pour 3 mois mois d'hôpital psy.

La prévention psy n'intéresse pas…

Je suis donc libre de déprimer dans une société qui ne sait encore presque rien faire contre. "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard" Aragon.

 

En étant propriétaire de mon logement et pourvu d'un travail à durée indéterminée, je suis libre de consacrer mon esprit à d'autres questions. Le confort de vie apporte la "liberté" de plus de questionnements existentiels. (Pyramide de Maslow)

 

Et n'y a-t-il pas des fausses libertés, comme celle de se décharger de ses hontes (mon homosexualité, ma dépression) car ce qui est quasi impossible peut-il être une liberté? Pourtant personne ne m'en empêche véritablement, sauf moi-même et bientôt 50 ans de vie dans cette société. Une liberté doit donc avant tout être de l'ordre du possible.

 

Serais-je libre de fatiguer les gens avec mes textes égocentrés… Mais on dit que pour aller vers les autres, il faut s'aimer d'abord soi…

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Marche en pleine attention

Par CAPCAP - 11-02-2018 10:20:15 - 4 commentaires

Marche en pleine attention

La méditation en courant n'est plus mon sujet, vu que je ne coure plus :-(

Mais je souhaite vous faire part de mon expérience de la marche en pleine attention.

J'ai la chance d'habiter à 20 minutes à pied de mon travail. Depuis quelques mois je ne rentre plus au plus vite, mais plus lentement, en me coupant de tout objectif.

Ou plutôt si, UN objectif, celui d'être présent à mon chemin.

En sortant je porte mon attention sur le temps, un rayon de soleil sur ma peau, le vent balayant mon visage, le froid saisissant mes mains, quelques gouttes d'eau mouillant mes joues…

Puis je me "regarde" marcher, je ressens mes pieds se poser au sol, je prends conscience du travail de mes jambes pour avancer et maintenir l'équilibre à chaque pas.

Déjà l'activité du jour s'éloigne. Bien sûr des réflexion arrivent, reflet des préoccupations pour mon travail. En général, j'accueille ces pensées comme un évènement normal, sans m'en vouloir. Si elles me semblent importantes, je m'autorise à les noter pour y revenir le lendemain, comme ça je peux me dire que ces idées ne sont pas perdues, que je peux les oublier maintenant, car je saurai y revenir le lendemain.

Ensuite, souvent je ferme les yeux, marchant "dans le noir", l'attention décuplée sur mes autres sens, la proprioception bien sûr, mais aussi l'ouïe, le ressenti de l'air (chaud froid, humide…) sur mes mains et mes joues, et un peu la vue car je perçois encore la lumière d'un lampadaire, d'une vitrine…

Bien sûr ça ne dure pas longtemps, je n'ai pas de canne d'aveugle. Mais même par petits tronçons, ces moments m'aident à me connecter au présent. Avec l'expérience, j'apprends aussi à ne pas trop reconnecter mon esprit à la vue, quand je rouvre mes yeux pour vérifier ma route.

L'ouïe. Un sens que je redécouvre. Ce que je préfère? Entendre, non, écouter un chant d'oiseau là-haut. Mais il y a aussi nombre de bruits qui traduisent la vie de la ville. Des rires ou pleurs d'enfant au loin. Des pas de piétons, d'abord devant, puis sur le côté, et enfin derrière et disparaissant. Le brouhaha qui sort d'un café. Et ces derniers jours le crissement de mes pieds sur la neige…

A l'inverse, j'ai aussi essayé d'être présent les yeux ouverts. Mais avec le regard porté au loin sur un point fixe. Je porte alors mon attention sur ma vision périphérique, sans bouger le regard. Sur les côtés, je vois défiler les autos en stationnement, les fenêtres et les vitrines, les plantes, les arbres… Ça défile d'une façon étonnante, j'ai l'impression d'un montage, façon vaisseau de la guerre des étoiles!!! Je m'amuse aussi à frôler les branchettes, j'ai l'impression de m'inviter dans "leur espace".

C'est fou la sensation de vivre qu'on peut ressentir après 1/4h comme ça. J'arrive en général détendu et heureux chez moi, loin des préoccupations professionnelles.

Je dis "en général" car il arrive parfois que je n'arrive pas à me sortir d'un certain mal-être. Mais c'est rare.

Si j'en crois Christophe André*, ça serait déjà de la méditation.

 

* "Le principe de toute méditation, c'est de s'arrêter et d'observer son expérience actuelle, la manière dont je respire, ce qui se passe dans mon corps, quel est le flot de mes pensées, de quelle manière je suis en rapport avec ces pensées, est-ce qu'elles m'asservissent, est-ce que ce sont des ruminations dont je n'arrive pas à me détacher ou est-ce que ce sont des pensées vis-avis desquelles je peux avoir un certain recul, les orienter, etc?" Christophe André

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Cyrulnik "Mourir de Dire - La honte" - 1

Par CAPCAP - 21-01-2018 20:37:13 - 2 commentaires

Voici quelques extraits qui on particulièrement résonnés en moi de "Mourir de Dire - La honte" de Boris Cyrulnik, Éditions Odile Jacob

4è de couverture
"Si vous voulez comprendre pourquoi je n’ai rien dit, il vous suffit de chercher ce qui m’a forcé à me taire. Je vais donc me taire pour me protéger. Le honteux aspire à parler, mais ne peut rien vous dire tant il craint votre regard. Alors il raconte l’histoire d’un autre qui, comme lui, a connu un fracas incroyable. À la honte qui me fait me taire s’ajoute, si je parle, la culpabilité de vous entraîner dans mon malheur."

p23 - Le honteux fait secret pour ne pas gêner ceux qu'il aime, pour ne pas être méprisé et pour se protéger lui-même en préservant son image. Cette réaction de légitime défense structure un discours étrange. Le honteux préfère ce qui est anodin, distant, superficiel, là où il se sent moins mal à l'aise. Soudain, à l'occasion d'un mot ou d'un incident, un silence angoissant plombe la relation. Ces tensions répétées, inattendues, incompréhensibles pour l'entourage sont coûteuses en énergie. Rien n'épuise plus un organisme que l'inhibition, la contrainte à ne pas bouger, à ne pas dire, comme un gibier qui s'immobilise dans une posture d'alerte.

p32 - Une telle honte dépersonnalisante, en attribuant à l'autre le pouvoir d'un regard sévère, devient une sorte de masochisme moral qui est à l'opposé du masochisme pervers. Sade ou Masoch pensent que l'autre n'est qu'un outil de plaisir. Pour considérer qu'il rencontre une personne et non pas simplement un sex-toy, il devrait s'intéresser à son monde intime, connaître son histoire et découvrir ses valeurs. Un pervers ne sait même pas qu'on peut se poser la question du monde de l'autre. Alors que le honteux pense tellement à ce que l'autre pense de lui que sa stratégie relationnelle, à force de ne pas s'affirmer, altère l'intersubjectivité. La honte posttraumatique provoque un tel effacement du blessé qu'elle finit par gêner le partenaire : "Regardez qui je suis, pourrait dire le honteux, comment voulez-vous qu'elle aime un minable comme moi? Pour m'aimer, il faut qu'elle y trouve son compte. Je vais tout lui donner pour mériter un petit bout de son affection." Une telle négociation affective dépersonnalise le honteux qui, pour se faire aimer, se place lui-même sur le tapis roulant de la dépression d'épuisement. C'est pourquoi le bum-out est si fréquent dans les relations d'aide professionnelle.

p43 - Chaque soir, dans le dortoir de l'orphelinat où il avait été placé, Armand prenait rendez-vous avec ses rêves. Au moment de l'endormissement, il faisait venir dans sa conscience engourdie un gros chien jaune débordant d'affection. Alors, Armand s'endormait en souriant, gratifié par la satisfaction imaginaire de ses amours perdues. Ce plaisir est un aveu d'amertume relationnelle: "Avec ce chien de rêve, l'affection est facile alors qu'en réalité, il n'y a personne pour m'aimer." Une telle défense régressive permet de souffler, de se sécuriser et de se ressourcer avant d'entreprendre un effort de résilience. Grâce à cette petite créativité intime qui lui apporte une satisfaction imaginaire, l'enfant carencé s'apaise et prend conscience de ses désirs. Reste à passer au réel maintenant, ce qui n'est pas toujours possible. "L'homme heureux n'a pas besoin de rêverie" puisqu'il est comblé dans la journée et qu'il s'endort paisiblement après une bonne fatigue. Le malheureux, lui, a besoin d'une mise en scène onirique pour modifier le sentiment qu'il éprouve de lui-même et donner une forme théâtrale à sa nostalgie d'affection. Quand un malheureux ne sait pas se réfugier dans la rêverie, il ne connaît que l'amertume du réel, puisqu'il ne parvient même pas à ressentir quelques échantillons de bonheur.

p64 - Le trauma n'est pas toujours aussi flagrant. Le plus souvent, il est insidieux et la honte acquise au cours du développement imprègne dans la mémoire de l'enfant un abcès diffus, une déchirure invisible. À l'occasion des interactions quotidiennes, il arrive qu'un parent, sans s'en rendre compte, manifeste des gestes et des mimiques de rejet ou de mépris. Quelques moulinettes verbales comme "encore toi!... aahrr!... ça ne m'étonne pas de toi!", quelques expressions faciales involontaires, comme une bouche pincée, un froncement de sourcil, une raideur du corps qui s'éloigne quand l'enfant veut s'y blottir expriment un désir de distance affective. Quand ces gestes signifiants, vitaux pour un enfant, se répètent chaque jour à la moindre interaction, pendant des années, ils finissent par inscrire dans la mémoire du petit une sensibilité malheureuse, une vulnérabilité acquise qui se manifeste par des comportements d'humilité excessives. L'enfant s'efface, se tait, baisse les yeux et évite tout affrontement verbal. Son élan affectif vers un parent rejetant lui a fait acquérir la sensation que toute affection est inaccessible. Il devient anormalement sage, abattu, silencieux, à l'écart, jusqu'à l'adolescence où il lui faudra utiliser ce style relationnel pour tenter l'aventure sexuelle. Les minuscules déchirures quotidiennes ont construit dans son âme une représentation de soi qui pourrait se dire ainsi: "Je vois bien que je te déçois... Je ne suis pas à la hauteur de tes rêves... C'est normal que tu me méprises..." L'enfant se mire dans le regard de sa figure d'attachement qui lui renvoie une image de dédain. La fratrie, les copains d'école, les enseignants, toute figure signifiante pour lui, possèdent le pouvoir de lui faire internaliser une image dévalorisée de lui-même. Être rejeté ou méprisé par quelqu'un dont on espérait l'affection est une déchirure traumatique. Cette agression moins flagrante qu'un viol ou qu'une scène d'horreur est d'autant plus traumatisante que, mal consciente, elle est mal mentalisable et l'on s'en protège moins.

Dire par les mot de Cyrulnic, ce qui me fait honte me semble un chemin vers la résilience.
Le chemin est long, mais l'ultra-trail m'a habitué à accepter la longueur.
Lecture toujours en cours, donc à suivre...

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Bigorexie, addiction, besoin, manque et... sevrage!

Par CAPCAP - 02-12-2017 14:33:51 - 6 commentaires

Bigorexie, addiction, besoin, manque et... sevrage!

Je profite de cette pause (dont j'espère bien la fin un jour) dans ma pratique de la CàP pour aborder quelques réflexions sur nos rapports à notre activité favorite.

La bigorexie, selon Wiktionnaire, c'est une "dépendance excessive d’un être humain à l’activité sportive, notamment pour développer sa masse musculaire" Je comprends que le premier point peut concerner beaucoup de Kikous, mais il me semble que le second est loin de nous, la CàP étant peu à même d'apporter une grosse musculature, on voit bien des gringalets faire de très belles perfs en trail. 

Mais l'addiction est clairement un risque pour l'ultratraileur. Il suffit de faire un tour sur "les blessés comptez-vous" pour le voir. Quand on ne l'a pas soi-même vécu lors d'un arrêt pour blessure, on ne peut le comprendre vraiment. Cette activité qui nous conduit sur les chemins pendant des heures, voire des jours, associe deux spécificités il me semble:
- Un aspect hypnotique propre à la répétition des pas sur des milliers de mètres, sans doute 300 000 pas sur un GRR!
- Un aspect biochimique lié à l'intensité de la CàP, un des sports les plus énergivore. Il en découle des adaptations physiologiques dont la production des fameuses endorphines, sorte de drogue auto-produite. Qui dit drogue dit vite dépendance. 

J'ajouterais un aspect moins spécifique me semble-t-il, l'image de sportif, image vécue très positivement dans la société. Cependant, l'ultratrail, et ses distances toujours plus longues, ses dénivelés toujours plus gigantesques, faisaient de nous des sortes de héros des temps modernes. Cette image de nous-mêmes peut évidemment être addictive dans un monde de sédentaires. 

Plus prosaïquement la CàP apporte aussi un bol d'air qui vivifie nos existences, souvent urbaines. Et ceci est tout aussi vrai pour le coureur du dimanche et se priver de sa sortie dominicale nous laissera une impression de légère somnolence voire d'étouffement. 

Enfin le rituel est un aspect à ne pas négliger, nous humains avons le plus souvent des vies réglées comme du papier à musique, et manquer une activité apportera un sentiment d'incomplétude. 

Enfin, l'amitié et les rencontres sont loin d'être des qualités négligeables de la CàP. C'est un sport individuel mais bien souvent socialisant. Très bonne ambiance chez les FrontRunners de Paris, avec ses 380 membres LGBT et leurs amis.

Indirectement la nourriture nous rappelle à la CàP, car, si le besoin calorique n'est plus là, l'habitude de manger ne disparaît pas vite et on est un peu alourdis par des rations trop grosses pour nos besoins. 

Voilà, je pense avoir fait un bon petit tour autour des causes addictives de la CàP, tel que je les ressens.J'ai en effet tout le loisir de tester le manque depuis 7,5 mois... Et je remarque que le sevrage se fait par étapes, progressivement, chaque cause addictive apparaissant l'une après l'autre et probablement dans des ordres différents pour chacun.

Le sevrage le plus physique est passé pour moi, je me sens un peu comme quand j'étais sédentaire.
Un soir récent, le passage au stade pour dire bonjour ne s'est pas transformé en une intense frustration quasi-douloureuse comme il y a quelques temps.

Ce sont les aspects psychologiques et sociaux qui sont les plus compliqués à gérer pour moi.
Pour le second, tout le monde comprendra que le fait de ne pas profiter de la CàP pour voir des amis me pèse. D'autant que je vis seul et plutôt isolé.
Pour l'aspect psychologique, ça m'est bien plus personnel, car la CàP a été mon premier sport, tardivement (à 30 ans) j'ai remplacé ma perception de mon corps malingre par celle d'un corps CAPABLE de faire des choses, jusqu'au GRR! Alors cette construction positive s'affaisse, je me sens très diminué, ça passe un peu quand même. Et ça doit être tellement banal, tant de gens perde leur audition, leur mobilité, leur vue... avec l'age. Chacun doit s'y faire avec l'age. Mais je n'ai pas tout à fait 50 ans!

Pour ce qui est du besoin de s'aérer la tête, je pense que la méditation et la sophrologie me font beaucoup de bien. Ça me permet de mettre à plat le stress et l'accumulation des sollicitations modernes. Et je prends le temps de traverser tranquillement les squares sur mon chemin vers le travail, regarder les plantes, écouter les oiseaux...

Voila, ma petite réflexion sur ce qui concerne ou a concerné bien des coureurs, bien des Kikou...

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J'ai couru, donc j'ai été

Par CAPCAP - 19-11-2017 22:20:30 - 6 commentaires

J'ai couru, donc j'ai été.
Je ne coure plus, donc...
 
Décidément, quand je vais pas très bien, j'écris d'instinct, et quand je vais mieux, ça m'est difficile... Plusieurs fois que je m'y mets et... abandonne.
 
La CàP a été un moyen de sortir de mon placard, ou plutôt de ma camisole.
Je me suis formé en tant qu'homme et homo par la CàP et du coup je suis devenu et resté dépendant de ça. Et aujourd'hui, en ne courant plus, je ne me sens plus un homme, je me sens minable, moins que rien. C'est très con mais c'est comme ça que je le ressens.
Rejoindre les FrontRunners est aujourd'hui une douleur, car je ne peux les suivre en courant, je les vois partir, courant... Et parce que je me sens actuellement incapable de m'adresser à un homme qui m'attire, le blocage complet.
 
Peut-être faut-il que je profite de cette épreuve pour me rendre psychologiquement indépendant de la CàP. Je ne suis pas un coureur, je dois d'abord être un homme. Faut-il me déconstruire avant de me reconstruire?
A court terme, rejoindre l'entraînement des Fronts me fait plus de mal que de bien, j'en sors plus perturbé que si je restais seul chez moi. Mais sur le long terme, c'est peut-être bénéfique. Je ne veux pas me renfermer dans ma coquille comme pendant les 20 premières années de ma vie pubère. En marchant seul pendant que les Fronts couraient, quelle agitation dans ma tête!
Mais aller méditer dans le square m'a fait du bien, décidément, la méditation est une bonne alliée pour l'apaisement.
 
Bon, si je ne me sens pas "homme", comment pourrais-je aller vers les autres en quête d'une relation sentimentale?
Et me reconstruire, oui, mais autour de quoi? Qu'est-ce qui fait "moi"? Qu'est-ce qui va me permettre de "vivre"?
 
J'ai l'impression d'être en convalescence. Du coup je m'autorise à ne pas me mettre la pression sur le rangement, les papiers à faire, la tenue des projets... J'ai une fâcheuse tendence à attendre avec une certaine impatience, l'heure d'aller me coucher, comme un soulagement. D'ailleurs je vais souvent me coucher tôt. Combien d'années encore de convalescence?
 
Finalement, aujourd'hui le travail est plutôt un lieu et un moment de calme, de fatigue aussi, mais de calme relatif, car je sais ce que j'ai à y faire. C'est un relatif havre de paix. Mon chez-moi est aujourd'hui plus pacifié, mais c'est aussi là que je tente de remonter les pièces du puzzle, alors il y a bien des moments de doute, de solitude pénible
 
J'ai un projet. Un projet bien personnel mais qui, je l'espère, va se détacher de moi, tout ou partie. Un projet de site Internet. Peut-être me permettra-t-il de rencontrer d'autres gens, dans le cadre de son développement. Mais tout ceci est encore bien impalpable. Aurai-je l'énergie de le "vendre", de le défendre, voire de le porter ce projet? Si oui, il pourrait bien me porter aussi, à son tour...

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