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Récit du 24 Mars 2020 pour la course Trail du Ventoux - 46 km

Voir le récit : Un Ventoux menteur en 2020, 216 lectures

Amorce de décrue

Par CAPCAP - 04-02-2020 21:34:31 - 3 commentaires

Amorce de décrue

 

Comme c’est bon, les jours pairs !

Les jours pairs ? Parce que je prends 2 gélules !

Non, ce n’est pas du Soleil Vert, je n’ai pas double ration de nourriture en tablette ce jour-là.

Non, ce sont 2 gélules de venlafaxine, mon antidépresseur favori depuis dix ans.

Et les jours impairs, je suis passé à une dose seulement.

J’ai la "chance" de faire partie de ceux qui sont réactifs, qui sentent la molécule le jour même. Alors qu’habituellement c’est lissé sur 1 à 2 semaines.

Remarque, il y a une quinzaine, c’était l’amorce de la décrue. Et hier le manque naquit.

 

Le manque, qu’est-ce donc ? L’effet de l’arrêt d’une source de dépendance ? Certes, mais ai-je déjà connu ça ?

Je n’ai jamais fumé, et donc jamais arrêté, bien sûr.

Je n’ai jamais aimé jouer, et donc jamais dû me priver d’un pari.

Je n’ai jamais dépassé les 71kg pour 1,88m, donc je n’ai jamais fait de régime.

 

Me voici donc novice dans la démarche du manque. Un bleu, un inculte, un bizuth…

 

Faux, si on considère la CàP génératrice de dépendance. 5 ans de bobos divers, m’ont d’abord appris à ne plus courir, en m’isolant des coureurs. Puis à marcher (marche athlétique) en les voyant courir. Et enfin à pouvoir les regarder courir sans gêne.

 

Remarque, n’existe-t-il pas un autre manque ?

Celui lié à une chose qu’on n’a jamais connu et dont on rêve. Comme vivre en milliardaire pour certains, jouer comme Mbappé pour d’autres. Ou comme l’amour pour moi (si on excepte deux amours mort-nés, mais douloureux quand même)

 

Bienveillance. Dans ce manque, je recherche ma bienveillance. J’essaie de m’appliquer à moi-même cette bienveillance que j’ai redécouvert avec la méditation. Et le pire, c’est que ça marche plutôt ! Sauf que, quand je travaille, il est difficile de penser "bienveillance"…

Mais demain est jour impair, je querrai ma bienveillance !

 

Étrange…

Ce dimanche j’apprends que la dernière personne qui m’ait attiré et dont j’avais espoir de faire mon petit-ami il y a plus d’un an, est maintenant en couple…

J’apprends de ma mère, qu’elle a failli m’emmener, ado, chez un psy. Ma vie en aurait sans doute été chamboulée...

Hier j’apprends que la collègue que j’apprécie s’en va, alors que mon collègue flemmard et subreptice reste, et en plus devient l’adjoint du directeur…

Je serais dans un film des Monthy Python, j’aurais bien vu cela comme la main de Dieu qui me met à l’épreuve !



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Récit du 09 Décembre 2019 pour la course Trail de Senlis - 29 km

Voir le récit : Senlis 2019, 2commentaire(s), 178 lectures

Que fer maintenant ?

Par CAPCAP - 14-09-2019 14:48:22 - 5 commentaires

Un peu perdu...
Je ne comprends plus vraiment comment je fonctionne au niveau CàP.

Petit rappel médical:
1) 12 ans que je sais mon cœur atteint d'une maladie valvulaire, qui conduira à l'opération un jour.
2) 3 ans que j'ai des problèmes de genoux (fissure de ménisques)
3) 1,5 mois que ma fatigue chronique est attribuée à une anémie. La prise de fer en cachet m'a déjà redonné un peu d'énergie

Contexte sportif:
Ma VMA tournait autour de 16,5 à 17 entre 2001 et 2015. Aujourd'hui elle est de 14km/h.
Il y a peu, je faisais mes séries de 300 ou 400m à 12km/h environ. Ça devait être ma VMA pour la saison 2018-19.
La semaine dernière à 1'18" sur 300m, correspondant à une VMA proche de 14km/h
Je ne sens plus d'essoufflement en courant, même si je me sens toujours diminué.
J'arrive parfois à monter d'un coup mais lentement, les trois étages que je montais 2 par 2 il y a 4 ans. Jusqu'à peu, j'étais très souvent obligé de m'arrêter à cause d'un essoufflement.

Conclusions
Envolée! L'idée selon laquelle mon affaiblissement était liée à ma cardiopathie est caduque, j'imagine mal ma valve mitrale se détériorer puis se réparer toute seule. Donc mon regain d'énergie est bien dû à la complémentation en fer.

Questionnement:
Pourquoi ai-je perdu du fer? Maladie? Mauvaise assimilation? Carence alimentaire? Autre?
Il faut noter que je suis féxi-végétarien depuis 2-3 ans et que ça correspond à peu près au début de ma fatigue, même si c'est difficile à préciser du fait de mon humeur dépressive chronique et du chamboulement sportif qu'ont constitué mes fissures des ménisques dans cette période.
Je trouve que depuis mi-juillet, mes selles sont régulièrement sombres. Perte de fer? Bizarrement mon test de recherche de fer dans les selles avait lieu juste avant, un jour où celles-ci étaient particulièrement claires...
Manger plus de quinoa, du boudin noir de temps en temps? (je considère le boudin comme un résidu de la production de viande de porc, donc à impact environnemental raisonnable, je sais c'est discutable)

Il est clair que je poursuis mon traitement au fer et qu'à la fin de ce-dernier, je refais un point avec mon médecin du sport.
J'espère qu'il saura me dire que "fer".

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De l'Abandon et du renoncement

Par CAPCAP - 06-08-2019 07:29:54 - 6 commentaires

Plus de 13 ans que je participe à ce forum, seulement un peu plus d’un an que j’écris sur mon kikoublog. Peut-être de façon trop ouverte. Mais le fait que la CàP ait été si importante dans ma vie, me retient toujours sur Kikouroù.
Je me suis lâché en période de crise car il y avait urgence. J'ai bien moins écrit quand j'allais bien, car d'autres choses m'appelaient.

Aujourd'hui je sors d'une belle période, où le calme intérieur m'habite. Avec un fond de doute cependant. En effet, je perçois ce calme intérieur essentiellement comme le fruit d'un abandon de prétention, pour reprendre Eric Baret. Prétendre à avoir un meilleur salaire, une voiture rouge, un compagnon... prétendre à un bon niveau de CàP dans mon club, à faire des ultra-distances... Tout ceci n'est que prétention, et je crois avoir commencé à vivre ce détachement, même si je ne m'en croyais pas capable.

En compensation, j'ai donné plus de place à la contemplation, l'écoute d'un chant d'oiseau, l'observation de la croissance d'une plante ou du déploiement d'une fleur... Mais je me suis aussi vu conquis par la joie, en voyant l'amour paternel d'un homme posant sa main sur la tête de son fiston. Jusque-là ces visions me remplissaient d'amertume et d'envie. Je suis donc devenu capable de bonheur à la vue de l'amour des autres, quelle évolution!

Mais comment vais-je diriger ma vie avec ça dans la tête? Il y a tant de choses auxquelles je n'ai pas (encore?) renoncé, que je ne peux pas être ascète ou illuminé. Cependant je ne vis pas très bien les rivalités des envieux de mon boulot, et encore je suis dans la fonction publique. Je voudrais juste pouvoir donner le meilleur de moi-même dans mon job et qu'on me foute la paix. Je n'ai pas grand chose à quoi m'accrocher dans cette vie, et mon travail en est la première. J'ai besoin de croire en ce que j'y fais.

Mais aujourd'hui, en réunion de service, on nous a parlé de la nécessité de dégager du temps pour la structuration du service. Sur le fond je trouve ça très bien, sauf que je me sens déjà saturé, pas loin de la noyade. J'ai besoin de faire les choses bien, j'ai énormément de difficulté à faire vite et mal. J'ai alors l'impression de trahir l'intérêt public et de ne plus mériter de ma collectivité.
Ça peut paraître débile, dans ce monde brutal, de penser ainsi, ou au moins faire sourire. Mais on peut être un petit fonctionnaire avec une petite vie, solitaire, et donner beaucoup de sa personne. Bien sûr ça n'est pas pour autant qu'on sera compris ou remercié. Là aussi il me semble qu'il faut tenter d'abandonner ses prétentions et se suffire d'y mettre son cœur et son énergie. Encore faut-il rester connecté aux réalités et répondre aux attentes, sans délirer sur ce qu'il faudrait faire si j'étais décideur; chacun à sa place, si possible avec bienveillance et loyauté (?!?)

Je me demande si le bouddhisme est compatible avec notre société. Est-ce que ça peut cohabiter avec le capitalisme? Est-on voué à se désinsérer et à chercher une place marginale?
Je ne suis qu'au début de mon chemin bouddhiste, mais déjà ces questions se posent. Ai-je confiance ou ai-je peur? Pour Eric Baret, ce sont toujours des peurs qui nous font agir. Mais je suis encore très très loin d'avoir lâché mes peurs.
Notamment je sais que j'ai une grande peur en moi de mes congénères humains, qui remonte à l'enfance, mais très renforcée à l'adolescence quand je me suis découvert homo. À cinquante ans je n'ai toujours pas su dépasser ça. Je crois que je n'ai plus qu'à abandonner ma prétention à me "guérir" et à accepter de vivre avec mes fêlures, même si elles me privent de tout un pan de la vie humaine.
Je ne crois plus aux psychothérapies même si je n'arrête pas, on ne sait jamais, je pourrais me tromper...
Je préfère vivre à moitié mais avec un certain contentement, que de croire encore aux soins mentaux et à une trop hypothétique vie meilleure.
"Renoncer", je l'évoquais dans un précédent billet. Je l'ai croisé, écrit avec beaucoup de force par Eric Baret dans "De l'Abandon"
Je ne sais pas où je vais, mais au fond, qui sait où il mène sa vie?

Et tant pis si je ne renonce pas à la prétention de vous intéresser et de trouver vos commentaires ci-dessous...

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Homophobie inconsciente

Par CAPCAP - 20-07-2019 10:42:10 - 2 commentaires

Bon, je pense que mon message a plus sa place sur mon blog que sur le sujet du forum Sport et homosexualité

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Pas de sport aujourd'hui, si ce n'est un mélange boxe et de lutte par des voisins de parc, bref de chamaillerie.

6 ans après la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, je pensais que la société avait progressé.
Non.
Ces jeunes continuent à utiliser pour principale insulte 'PD" ou "enculé"
Sauf qu'aujourd'hui ils disent volontiers "enculé de ta mère" ce qui est encore plus con.

J'en peux plus

A 50 ans j'espère toujours pouvoir me défaire un jour de mon homophobie intériorisée due en grande partie à ces insultes entendues tous les jours, maintes fois, tous les jours, 'PD" "enculé" au collège.
Le début de 35 ans d'état dépressif. Et bientôt je "fête" mes 10 ans sous antidépresseurs.

Mais putain, quand est-ce que les recteurs d'académie cesseront d'être complices d'assassinats qui ne portent pas leur nom: un taux de suicide bien supérieur chez les jeunes homos???
Attendent-ils qu'on les porte devant les tribunaux pour inaction face à un risque avéré de suicide, face à du harcèlement permanent qu'on laisse faire?
Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savent pas.

Je ne me suis pas suicidé, mais je reste sacrément cabossé.
Et le système de santé ne sait RIEN faire pour nous. Enfin, il est vrai que la psychiatrie ne sait pas faire grand chose de plus pour les autres. Tout juste faire écouter nos paroles par des gens dont les frais sont remboursés à 0%

J'en ai marre...


[Edit] dans un rapport ces inutiles du ministère de la santé osent déclarer "La prévention du suicide constitue en France l’une des priorités de santé publique." Mon C_L aussi est une priorité du ministère...


[Edit] Tout est dit ICI, le site Santé Publique France ne contient aucune référence à la psychiatrie dans le sommaire. Et quand on va dans l'index à homosexualité, sur les 150 premiers sujets, tous portent sur VIH et IST, 1 seul est plus psy...

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Bon, la crise est passée, comme toujours... mais cette expérience montre que le fond est toujours sensible, malgré mes 50 balais.
Désolé pour les Kikous qui venaient partager leur passion et qui sont tombés sur ce message peu optimiste.

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J'espérais la fin de la convalescence

Par CAPCAP - 12-05-2019 15:38:56 - 4 commentaires

J'espérais la fin de la convalescence

En effet, de mes 15 ans à aujourd'hui, je me traîne une humeur plus ou moins dépressive issue de ma difficulté à accepter mon homosexualité dans cette société. Je ne suis jamais vraiment sorti de l'adolescence, dans ce sens que je n'ai jamais fait complètement le travail de socialisation adulte et je reste bien handicapé de ce côté là.

A 30 ans, j'ai commencé à faire du sport grâce à la découverte de la course à pied, enfin un sport où on n'est pas en compétition avec les autres! 15 ans d'efforts, de sueur, de bonheur! Ceci m'a aidé à me socialiser, à prendre un peu d'assurance.

Au fil des ans et des thérapies (le terme fait rire jaune quand on pense que ça ressemble aux saignées sous Molière) je vais quand même un peu mieux. Mais je suis toujours à peu près incapable de flirter avec un homme, même au sein d'un club LGBT. Du coup ma vie sexuelle et sentimentale est atone.

On m'a fait découvrir la méditation et Eric Baret. Ça a bien nourri ma vie ces derniers mois. Mais l'objectif de renoncer à sa prétention d'une raison d'être n'est pas facile.
Lors d'une merveilleuse retraite de méditation, j'ai réduit les antidépresseurs de moitié comme évoqué avec mon psy, car j'avais oublié mon chlorure de magnésium qui me permet de maîtriser mon SJSR, effet secondaire de la prescription. Et une semaine après, je ressens le manque. Le manque chimique d'une part. Mais aussi en mal de ressenti sportif, du fait de mon insuffisance cardiaque. Ensuite en mal d'amitié et d'amour. En manque de contact charnel.

Bien évidemment, j'ai remonté le dosage d'antidépresseur à la prescription de mon généraliste. Reste à patienter...

Mais je profite de cette mésaventure pour pousser un cri: quand mettra-t-on en place un minimum de prévention psychologique?

15% des populations souffrent d'une mauvaise santé mentale, soit environ 10 million de français.

Et au lieu d'essayer de prendre les problèmes en amont, là où ils sont les moins difficiles à traiter, on attend que les gens soient suffisamment mal pour les envoyer à l'hôpital psy où ils coûtent une fortune à la collectivité.

Quand est-ce que les différentes écoles de thérapie reconnaitront d'être assez inefficaces et d'avoir l'humilité de s'unir pour évaluer les soins et envisager un avenir plus clair à la santé mentale?

On est comme à l'époque de Molière: on fait parler le malade pour faire sortir le mal, comme on saignait les malades à l'époque du "Médecin malgré lui"

Les généralistes, eux, essaient de pallier à l'urgence par la prescription de petites pilules. Mais combien de temps ont-ils passé à la fac sur les sujets psy? A peine un instant! Ils ne savent (presque) rien sur la santé mentale. Juste prescrire des antidépresseurs.
Et qui pour les aider? Personne. Personne pour évaluer le problème du patient, pour envisager la thérapie la plus adaptée, pour orienter ce dernier vers un professionnel. Personne pour apporter une "bourse" au patient qui ne peut pas payer un traitement pris en charge à 0% la plupart du temps.

Sinon, il faut prendre son ticket au Centre Médico-Psychiatrique et attendre... attendre des mois pour avoir une place avec un professionnel surchargé.

Non, le système de soin français n'est pas bon, puisqu'il néglige la santé mentale.


J'espérais la fin de la convalescence

Oui, je pensais quand même aller mieux et pouvoir vivre un peu, plutôt que survivre dans mon mal-être.

Et puis ce prolapsus mitral est arrivé. S'en suit une insuffisance cardiaque qui m'empêche de monter dans les tours. Il n'y a pas si longtemps, je faisais des 200m sur piste à 16 km/h environ, aujourd'hui je peine à 11,3km/h...

Je n'ai plus aucun ressenti de l'effort, ce bien-être lié aux endorphines, au plaisir d'une bonne séance, où on s'est bien donné. Je sais, je devrais me dire que j'ai la chance de pouvoir courir. Mais je me sens privé de dessert. Un peu comme si on avait réduit mes antidépresseurs. Un des rares aspects un peu goûtus de ma pauvre vie a disparu.

Et quand on est gay, voir les autres hommes s'adonner avec joie et force à la CàP, c'est la double punition. J'ai tendance à me sentir nul et non-désirable.

Bon, je finirais presque par espérer que ma prochaine échocardiographie d'effort montrera que je dois passer sur le billard pour bricoler ma valve mitrale, en espérant pouvoir retrouver du souffle après.

S'en suivrait une convalescence cardiaque, bien sûr, qui me permettrait sans doute, enfin je l'espère, de reprendre ma convalescence psychologique.

Et si j'arrive à trouver un peu d'énergie dans tout ça, j'aimerais militer pour que le gouvernement, quel qu'il soit, mette en place un système minimal de prévention en santé mentale.

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Récit du 14 Avril 2019 pour la course Marathon de Paris

Voir le récit : 2h45 au marathon de Paris!, 3commentaire(s), 635 lectures

la raison de mon avatar

Par CAPCAP - 08-04-2019 22:02:26 - 6 commentaires

Pas facile de prendre la plume, même virtuelle, après ces deux très beaux et émouvants billets du Lutin.

Du coup je vais faire dans le très léger et vous montrer la raison de mon avatar:

A partir de 1926...

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Un dernier avant ...

Par CAPCAP - 24-02-2019 22:18:14 - 6 commentaires

Oui, un dernier billet égocentré avant de franchir les cinquantièmes rugissants.

 

Oui, un dernier petit footing avant de changer de dizaine.

En effet, je coure à nouveau depuis septembre, et mes genoux me laissent de plus en plus tranquille. Il faut dire que m’a vitesse étant très faible depuis des mois, et ne faisant plus de trail, je ne les sollicite plus trop. Au stade, je ne suis pas prêt à reprendre les éducatifs avec les autres. Et je suis dans les tous derniers au fractionné...

Mais je reprends un peu plus souvent du plaisir à courir, comme ce matin par exemple, au bois de Boulogne.

Ça me fait bizarre de penser que je vais certainement commencer ma seconde cinquantaine par une opération avec arrêt du cœur, ce bel organe qui ne s’est jamais totalement reposé depuis le 25 février 1969.

Oui, mes genoux ne se font presque plus sentir, et ça se sent bien sur le moral. J'ai même retrouvé parfois un plaisir certain.

Bien sûr je reste envieux de la jeunesse qui court nonchalamment et toutefois puissamment, mais ça c'est la prise d'âge, ça n'ira pas en s'améliorant, cependant je le supporte pas trop mal en ce moment.

Toujours des essoufflements quotidiens, du coup je démarre lentement les escaliers, faut bien faire avec. Et puis avec le temps on s'habitue c'est tout, comme disait Jacques.

Encore la tendinite au coude droit, mais atténuée par le diclofenac.

 

Un dernier trail avant de faire opérer mon cœur?

Est-ce raisonnable? En ai-je la force (gros doute) ? En ai-je finalement l’envie?

Enfin, là, je vais un peu vite en besogne. Certes, mon cousin chirurgien cardiaque en province, à la vue du rapport de mon cardiologue, m’a dit que je devrais me faire opérer dans l’année ou les 2 ans. Mais je vais demander l’avis d’un autre professionnel début mai, ça ne me semble pas exagéré avant une opération de la valve de ma petite pompe. M’interdira-t-il toute course avant l’opération ? Ou au contraire me dira-t-il que je peux poursuivre encore quelques temps et repousser l’échéance opératoire ?

Alors un dernier trail, celui du Josas? Zut, reste plus que le 42km, c’est beaucoup pour moi, ma Diagonale est très lointaine… Je suis sur liste d’attente sur le 25km...

15 ans !!! Déjà 15 ans que je fais du trail! Ni précurseur, ni avant-gardiste, mais dans le début du peloton des néo-traileurs, un peu comme en course où j'étais souvent dans les 15 à 30 premiers % de coureurs (sauf sur la Diagonale où j'étais dans les 10%, allez comprendre pourquoi...) Maintenant, j'aimerais bien être dans les 30 premiers % en terme de plaisir pris à courir !!!

 

Une dernière itinérance avant la chirurgie?

Je sais que si je prévois une itinérance sur la suite du sentier côtier breton, il me faudra raccourcir nettement ma distance quotidienne car j'ai beaucoup perdu en vitesse et en endurance. J'ai dû me faire une raison et je pense pouvoir tout de même y prendre plaisir.

 

Une dernière séance de méditation avant la retraite?

J'ai décidé de m'inscrire à une retraite de méditation et une amie vient aussi, ça me fait plaisir. Au moins je sais ce que je ferai de 5 de mes jours de congés. Reste à avoir envie de quelque chose pour l'été...

De plus en plus, je suis attaché à mes 20 minutes de marche pour aller au taf et en revenir. J'y ferme autant que possible mes yeux, portant mon attention sur le sol, mes jambes, le froid sur mes doigts, le vent sur ma figure, ou encore les gouttes de pluie... Je finis par ressentir ces stimulations auxquelles on porte peu attention, comme des caresses, elles me font du bien. Je crois que je tire ça de la méditation et d'une interprétation qui m'était venue, mais aussi de la lecture d'Eric Baret, De l'Abandon. Il y dit notamment que les perceptions de nos sens sont les véritables bonheurs (évidemment je le retranscrit mal...) En tout cas, je me sens beaucoup plus présent aux choses et je n'ai presque plus de réactions négatives, par exemple vis-à-vis d'un automobiliste, d'un collègue, d'une nouvelle alarmante sur l'environnement... Les choses sont ainsi, il n'y a rien à changer (j'ai encore un peu de mal à dire "les choses sont BIEN ainsi..." comme E. Baret) Il me semble que ce livre pourrait me transformer. C'est à la fois enthousiasmant et flippant... Quelle maîtrise ai-je là-dedans? Je crois qu'au fond de moi, je le veux. Et ce type m'inspire. Qui sait, peut-être un jour je me mettrai aussi au Yoga du Cachemire? Cependant, je ne perçois pas encore bien comment on peut associer ces pensées avec le monde contemporain. Est-ce compatible avec un travail du début du 21ème siècle et ses contraintes d'efficacité, de pression, de relations humaines en tension, de rentabilité...? Ou cela impliquera-t-il de changer de mode de vie, de travail, de lieu peut-être aussi? Je n'en sais encore rien.

Mais au jour le jour, je prends ce bien-être comme il vient, j'en profite dans le présent.

 

Une dernière gélule avant de sautiller?

Quant à la part des antidépresseurs, je serais bien incapable d'en juger. Depuis 9 ans que j'en prends à différentes doses suivant les périodes, je n'ai jamais su objectiver leur effet, voire même en avoir une idée subjective. Ce qu'il me semble cependant, c'est qu'ils renforcent mes problèmes de jambes sautillantes (SJSR) qui retardent parfois pas mal mon endormissement (ou me gênent pour la méditation). Si depuis ce nouveau bien-être, je ne m'en énerve pas, je les tolère même assez bien, toujours est-il que je reste éveillé, ceci de quelques minutes jusqu'à 2h. Mon médecin a eu la franchise de me dire qu'il ne donnait plus rien pour traiter cela. A priori, c'est sans remède, je demanderai à mon frère comment il gère ses impatiences, lui qui a ça qui me semble très proche, depuis des années.

 

Allez! Une dernière nuit avant le demi-siècle!

Bonne nuit!

CAPCAP

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