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Bigorexie, addiction, besoin, manque et... sevrage!

Par CAPCAP - 02-12-2017 14:33:51 - 6 commentaires

Bigorexie, addiction, besoin, manque et... sevrage!

Je profite de cette pause (dont j'espère bien la fin un jour) dans ma pratique de la CàP pour aborder quelques réflexions sur nos rapports à notre activité favorite.

La bigorexie, selon Wiktionnaire, c'est une "dépendance excessive d’un être humain à l’activité sportive, notamment pour développer sa masse musculaire" Je comprends que le premier point peut concerner beaucoup de Kikous, mais il me semble que le second est loin de nous, la CàP étant peu à même d'apporter une grosse musculature, on voit bien des gringalets faire de très belles perfs en trail. 

Mais l'addiction est clairement un risque pour l'ultratraileur. Il suffit de faire un tour sur "les blessés comptez-vous" pour le voir. Quand on ne l'a pas soi-même vécu lors d'un arrêt pour blessure, on ne peut le comprendre vraiment. Cette activité qui nous conduit sur les chemins pendant des heures, voire des jours, associe deux spécificités il me semble:
- Un aspect hypnotique propre à la répétition des pas sur des milliers de mètres, sans doute 300 000 pas sur un GRR!
- Un aspect biochimique lié à l'intensité de la CàP, un des sports les plus énergivore. Il en découle des adaptations physiologiques dont la production des fameuses endorphines, sorte de drogue auto-produite. Qui dit drogue dit vite dépendance. 

J'ajouterais un aspect moins spécifique me semble-t-il, l'image de sportif, image vécue très positivement dans la société. Cependant, l'ultratrail, et ses distances toujours plus longues, ses dénivelés toujours plus gigantesques, faisaient de nous des sortes de héros des temps modernes. Cette image de nous-mêmes peut évidemment être addictive dans un monde de sédentaires. 

Plus prosaïquement la CàP apporte aussi un bol d'air qui vivifie nos existences, souvent urbaines. Et ceci est tout aussi vrai pour le coureur du dimanche et se priver de sa sortie dominicale nous laissera une impression de légère somnolence voire d'étouffement. 

Enfin le rituel est un aspect à ne pas négliger, nous humains avons le plus souvent des vies réglées comme du papier à musique, et manquer une activité apportera un sentiment d'incomplétude. 

Enfin, l'amitié et les rencontres sont loin d'être des qualités négligeables de la CàP. C'est un sport individuel mais bien souvent socialisant. Très bonne ambiance chez les FrontRunners de Paris, avec ses 380 membres LGBT et leurs amis.

Indirectement la nourriture nous rappelle à la CàP, car, si le besoin calorique n'est plus là, l'habitude de manger ne disparaît pas vite et on est un peu alourdis par des rations trop grosses pour nos besoins. 

Voilà, je pense avoir fait un bon petit tour autour des causes addictives de la CàP, tel que je les ressens.J'ai en effet tout le loisir de tester le manque depuis 7,5 mois... Et je remarque que le sevrage se fait par étapes, progressivement, chaque cause addictive apparaissant l'une après l'autre et probablement dans des ordres différents pour chacun.

Le sevrage le plus physique est passé pour moi, je me sens un peu comme quand j'étais sédentaire.
Un soir récent, le passage au stade pour dire bonjour ne s'est pas transformé en une intense frustration quasi-douloureuse comme il y a quelques temps.

Ce sont les aspects psychologiques et sociaux qui sont les plus compliqués à gérer pour moi.
Pour le second, tout le monde comprendra que le fait de ne pas profiter de la CàP pour voir des amis me pèse. D'autant que je vis seul et plutôt isolé.
Pour l'aspect psychologique, ça m'est bien plus personnel, car la CàP a été mon premier sport, tardivement (à 30 ans) j'ai remplacé ma perception de mon corps malingre par celle d'un corps CAPABLE de faire des choses, jusqu'au GRR! Alors cette construction positive s'affaisse, je me sens très diminué, ça passe un peu quand même. Et ça doit être tellement banal, tant de gens perde leur audition, leur mobilité, leur vue... avec l'age. Chacun doit s'y faire avec l'age. Mais je n'ai pas tout à fait 50 ans!

Pour ce qui est du besoin de s'aérer la tête, je pense que la méditation et la sophrologie me font beaucoup de bien. Ça me permet de mettre à plat le stress et l'accumulation des sollicitations modernes. Et je prends le temps de traverser tranquillement les squares sur mon chemin vers le travail, regarder les plantes, écouter les oiseaux...

Voila, ma petite réflexion sur ce qui concerne ou a concerné bien des coureurs, bien des Kikou...

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J'ai couru, donc j'ai été

Par CAPCAP - 19-11-2017 22:20:30 - 6 commentaires

J'ai couru, donc j'ai été.
Je ne coure plus, donc...
 
Décidément, quand je vais pas très bien, j'écris d'instinct, et quand je vais mieux, ça m'est difficile... Plusieurs fois que je m'y mets et... abandonne.
 
La CàP a été un moyen de sortir de mon placard, ou plutôt de ma camisole.
Je me suis formé en tant qu'homme et homo par la CàP et du coup je suis devenu et resté dépendant de ça. Et aujourd'hui, en ne courant plus, je ne me sens plus un homme, je me sens minable, moins que rien. C'est très con mais c'est comme ça que je le ressens.
Rejoindre les FrontRunners est aujourd'hui une douleur, car je ne peux les suivre en courant, je les vois partir, courant... Et parce que je me sens actuellement incapable de m'adresser à un homme qui m'attire, le blocage complet.
 
Peut-être faut-il que je profite de cette épreuve pour me rendre psychologiquement indépendant de la CàP. Je ne suis pas un coureur, je dois d'abord être un homme. Faut-il me déconstruire avant de me reconstruire?
A court terme, rejoindre l'entraînement des Fronts me fait plus de mal que de bien, j'en sors plus perturbé que si je restais seul chez moi. Mais sur le long terme, c'est peut-être bénéfique. Je ne veux pas me renfermer dans ma coquille comme pendant les 20 premières années de ma vie pubère. En marchant seul pendant que les Fronts couraient, quelle agitation dans ma tête!
Mais aller méditer dans le square m'a fait du bien, décidément, la méditation est une bonne alliée pour l'apaisement.
 
Bon, si je ne me sens pas "homme", comment pourrais-je aller vers les autres en quête d'une relation sentimentale?
Et me reconstruire, oui, mais autour de quoi? Qu'est-ce qui fait "moi"? Qu'est-ce qui va me permettre de "vivre"?
 
J'ai l'impression d'être en convalescence. Du coup je m'autorise à ne pas me mettre la pression sur le rangement, les papiers à faire, la tenue des projets... J'ai une fâcheuse tendence à attendre avec une certaine impatience, l'heure d'aller me coucher, comme un soulagement. D'ailleurs je vais souvent me coucher tôt. Combien d'années encore de convalescence?
 
Finalement, aujourd'hui le travail est plutôt un lieu et un moment de calme, de fatigue aussi, mais de calme relatif, car je sais ce que j'ai à y faire. C'est un relatif havre de paix. Mon chez-moi est aujourd'hui plus pacifié, mais c'est aussi là que je tente de remonter les pièces du puzzle, alors il y a bien des moments de doute, de solitude pénible
 
J'ai un projet. Un projet bien personnel mais qui, je l'espère, va se détacher de moi, tout ou partie. Un projet de site Internet. Peut-être me permettra-t-il de rencontrer d'autres gens, dans le cadre de son développement. Mais tout ceci est encore bien impalpable. Aurai-je l'énergie de le "vendre", de le défendre, voire de le porter ce projet? Si oui, il pourrait bien me porter aussi, à son tour...

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Une trinité au goût de... purgatoire

Par CAPCAP - 19-10-2017 21:26:57 - 14 commentaires

Un peu trop accrocheur ce titre, vu la suite assez égocentrée…

Pourquoi "trinité" et pas "trinitrotoluène" par exemple?

Un, parce que ça n'a pas pété (trinitrotoluène=TNT) me voici assez calme derrière mon écran.

Deux, car trithérapie, autre exemple, désigne plutôt des soins alors que mon sujet est plutôt ce qui me plombe.

Trois, la trinité évoque la religion, et c'est la religion qui est une des cause importante de l'homophobie, ce cancer qui me gangrène depuis l'adolescence. Et l'homophobie intériorisée est probablement la pire, celle qui fait qu'on a fondamentalement honte de soi, de ce qu'on est.

A ce propos, je ne veux plus entendre dire que l'homosexualité est un choix et pourrait donc être l'objet de prosélytisme. Si j'avais le choix d'être hétéro, je donnerais vraiment beaucoup pour vivre à peu près normalement. C'est sans doute pour ça que je déteste l'appellation "marche des fiertés" ou "gay pride", je ne suis pas fier, je suis ça, c'est tout, j'ai rien fait de glorieux pour.

 

Alors quelle est ma triste trilogie? Du suspens pour tant de banalité…

1) ma solitude, très liée à mon homosexualité si mal acceptée.

Samedi soir je devais m'amuser… Soirée d'anniversaire de mon club de CàP LGBT. J'ai passé 3h derrière mon appareil photo à chercher à capter l'ambiance. Puis vient le moment de poser l'appareil, la salle est emplie de musique pour danser. Les corps commencent à s'agiter. Mais cette foutue peur de l'autre m'a brutalement rattrapé. Qu'est-ce que je peux être con d'avoir peur comme ça de mes semblables, à presque 50 ans.

2) ma blessure, je dirais même une succession de blessures qui font je cours peu depuis 3 ans et plus du tout depuis 6 mois. Je ne marche d'ailleurs que très peu depuis un mois. Et comme je n'ai aucune visibilité sur cette petite fissure du ménisque, je ne sais pas quoi faire. Stopper tout et attendre 6 mois? Reprendre la CàP et gérer ce point au genou? Persévérer en marches, nordique, athlétique ou libre? Les médecins n'en savent visiblement pas plus que moi…

3) mon travail, qui comme beaucoup de gens est un calvaire. Moi qui aie du mal à faire mal les choses (besoin de me rassurer en faisant les choses vraiment bien) je me retrouve en retard sur multitude de choses, d'importance très diverses, mais parfois le retard s'accumule en semaines, en mois, en années… Sachant que j'ai potentiellement une responsabilité pénale (je gère des bâtiments recevant du public) Par le passé, j'ai fait 2 petits burn-out. La troisième fois j'ai réussi à prendre quelques jours de congés avant de craquer. Depuis je gère mieux. Mais je suis à ce poste depuis 9 ans et ça fait 8 ans que je suis sous antidépresseurs. Si le travail n'en n'est pas la seule cause, il fait clairement partie, pour une part importante, des raisons de ce traitement.

 

Donc la solitude toujours là mais accentuée par la fête où les autres s'amusent ou flirtent…

Plus le travail où on nous en a remis une couche histoire de couler un peu mieux…

Sans sport donnant la possibilité d'évacuer… En plus ce soir je suis passé au stade (et la marche a réveillé la douleur) et j'y ai vu plein de beaux coureurs... double frustration.

 

Voici mon petit purgatoire… je sais qu'il est ridicule à côté de ce que vivent certains, mais le malheur des uns n'a jamais fait le bonheur des autres, que je sache.

 

Par ailleurs, sur un blog voisin cette phrase m'a fait mal: "Elle [la vie] doit se boire jusqu’à l'ivresse car tous les instants de nos vingt ans nous sont comptés et jamais plus le temps perdu ne nous fait face."

J'ai tellement l'impression, non, la certitude, d'être passé à côté de mes vingt ans…

Ma première relation à 33 ans… et la seule passion de ma vie, qui s'est transformée immédiatement en calvaire…

J'ai tellement l'impression de ne plus avoir l'espoir de vivre un amour un jour… ou peut-être à 60 ans quand on aura réussi à soigner ma tête.

Epoque incertaine, où la psychiatrie a le mérite d'exister, mais un peu comme la médecine à l'époque des ventouses et des saignées, on fait parler pour faire sortir le mal… pas pour soigner. Dans un siècle ou deux on saura probablement soigner la tête. En attendant on parle… assis ou allongés, à côté ou derrière le praticien, suivant les querelles de clochers.

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Retour du trottinage en itinérance… bretonne!

Par CAPCAP - 12-10-2017 21:15:06 - 10 commentaires

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Retour du trottinage en itinérance… bretonne!
Cette fois je pars de l’autre extrémité du GR34, au sud de Vannes. C’est un vrai tour complet du golf du Morbihan et de la presqu’île de Quiberon qui est au programme, 300km planifiés en 6jours. Ça sera déjà très bien avec ma petite fissure du ménisque qui me contraint à renoncer à la course au profit de la marche rapide…
Départ samedi pour Vannes et démarrage du GR34 le dimanche 10 septembre… A suivre!

 

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1er gîte, après un coup de TGV et quelques heures sympathiques en famille, et une pause au Passage (photo) Déjà une journée de beau temps entrecoupé de pluies, ça promet pour la semaine… On est loin de l’ambiance de la Vanoise, je suis seul dans ce gîte mis à part 2 belles chèvres! Saturday Night Fever…

 

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Premier café… Avec un morceau de far, ça change des biscuits industriels ;-)

 

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Départ avec un beau soleil, et ce n’est qu’en soirée qu’il y a eu un petit crachin, bien mieux que les prévisions :-)

 

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L’entrée du port du Crouesty (pas bien beau) après la côte assez sauvage, et avant Port Navalo bien plus beau.
De la fatigue après déjà 6h de chemin. Mais passer l’entrée du golfe et retrouver le Morbihan, après un petit déca à port Navalo, m’a redonné l’énergie de faire quelques méandres avant de rentrer dans les terres dormir dans un ESAT.

 

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Le Moulin Vert, un ESAT où j’ai été bien reçu, je dormais au dessus de l’entrée du\"château\" :-)

 

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Marée haute le matin, odeurs iodées alternant avec celles des jardins. À droite un passage assez typique du chemin côté golfe au nord de la presqu’île.

 

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Parfois le chemin est très étroit à marée haute!

 

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Exemple du bord du golfe et de ses zones humides. Des aménagements permettent de passer les zones marécageuses, beaucoup moins équipé le fond du golfe…

 

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Un petit passage de 200m obligeant à un “détour” d’une vingtaine de kilomètres! Mais le Golfe, c’est pour ça qu’on l’aime ;-)
Le vent abondant du jour avec pas mal de soleil m’ont un peu déshydraté, mais très belle journée B-)

 

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Aujourd’hui a eu un petit air de campagne, avec d’agréables passages en forêt, entre des pâtures avec parfois une belle vue un peu lointaine sur un bras du golfe.
À cause du genou, j’ai quitté le mode marche libre pour la nordique, moins rapide mais plus douce. Toutefois je suis arrivé à bonne heure à Vannes.

 

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L’arrivée à Vannes est étonnamment progressive, sans à-coup on passe de la campagne à vaches au port de Vannes et sa place de la porte St Vincent avec ses cafés très prisés.
C’est très étrange de voir au loin les endroits où on est passé le matin, la veille, voire avant, comme ici avec toutes les circonvolutions du Golfe, les tours et détours qu’il faut faire.

 

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On ne voit pas le crachin, mais il est là.
On ne sent pas le vent mais il va bien souffler.
Mais on voit bien que le soleil n’est pas de la partie aujourd’hui…

 

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Imaginez à gauche un bois de pins (un peu sombre) on pourrait croire un paysage de l’Estérel!
Et au tournant d’une pointe, on se retrouve dans une prairie normande au bord de l’eau… Les changements sont impressionnants!
Crachin pendant une paire d’heures… Et vent violent presque toute la journée, ce fut vivifiant!
Et les 48km du jour répètent le rythme des jours passés.

 

Après une nuit de mauvais sommeil, j’ai décidé d’écourter. Une belle matinée entre fonds d’étiers et campagne, mais un peu trop terrestre après…
Et voyant mon hôtel à Crach, j’ai cru que j’allais craquer… Alors j’ai poussé jusqu’à la Trinité, revoir la mer m’a revigoré
Pas de photo ce soir pour cause de réseau…

 

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Voilà un petit complément photo pour jeudi
Le vieux pont du Bono
L’arrivée à La Trinité sur Mer

 

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Et vendredi, départ de La Trinité pour une dernière journée
Côte Est de Quiberon, calme, sable et odeur de dunes
Puis côte Ouest, petit port et lumière annonçant un grain…
La côte sauvage et à l’horizon Belle-Ile
Et enfin l’arrivée à Quiberon Port Maria, fin d’un très beau périple, que je fête avec une pinte de cidre breton!

 

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Hé bien voila, ce très beau parcours est terminé et je me retrouve en ville pour travailler demain, mais avec plein de belles images en tête…

Heure du bilan: 544 photos en 6 jours ! (et 274km)

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Un an ... et encore combien de temps?

Par CAPCAP - 04-10-2017 22:10:22 - 3 commentaires

Un an déjà!

Il y a un an je participais à Gapen'cimes, course où je soupçonne avoir abîmé mon genou.

Dix mois que le problème s'est exprimé par une petite douleur. Suivi de six mois de mauvais traitements, enfin inadaptés, puisqu'on a pris pour une tendinite une petite fissure du ménisque.

 

Un printemps un peu déprimé (petite augmentation des antidépresseurs), un été beaucoup plus joyeux, initiée par l'IRM. En effet, savoir ce qui arrive à mon petit genou m'a fait du bien! Et puis mon médecin du sport m'a autorisé la marche sous toutes ses formes, y compris sur ultra-trail.

 

C'est donc plein d'entrain que je me suis élancé, sans aucun entraînement, sur les 120km et 6500mD+ de l'Occitane. J'ai juste eu 6 semaines pour apprendre à marcher! Suffisant sans doute puisque j'ai pu y prendre un grand plaisir.

 

Une confiance retrouvée m'a conduit à participer à notre petite itinérance annuelle, dans la Vanoise cette année. J'adore partir courir (ou marcher vite...) avec des amis sur quelques jours. J'ai bien peu ressenti mon genou, mais un soupçon tout de même.

 

Sur les deux mois qui ont suivi, j'ai fait quelques essais de CàP, sur recommandation de mon médecin, très progressivement, mais sans réussite.

 

C'est donc toujours en mode marche que j'ai repris le GR34, le sentier côtier breton, mais par l'autre bout cette fois, en partant du sud de Vannes pour faire un grand tour du golf du Morbihan. Mais seul, car j'adore aussi courir (ou marcher vite...) seul. Deux jours à un bon rythme, petite sensation au genou… je poursuis plus doucement et vais jusqu'au sud de Quiberon. Grand plaisir, c'était très beau!

 

Mais je m'interroge sur cette apparente acceptation de ne plus courir.

Je sens un pincement quand je vois un bon coureur, quand mes amis finissent le GRP, quand je me retrouve à la traîne loin derrière mes amis coureurs...

 

En tout cas, même si je vais beaucoup mieux, que ça se voit clairement dans ma gestion du travail, je n'envisage pas l'arrêt des antidépresseurs tant que je n'aurai pas pu reprendre une activité sportive un peu intense.

Je vois aussi que je vais mieux au fait que je pense plus aux autres, que je discute plus facilement, plus ouvertement, de façon moins cassante et plus fluide, plus à l'écoute de l'autre. Si je dis "plus ceci", ça ne veut pas dire que je me lance des fleurs, c'est loin de la perfection, mais c'est mieux, quoi.

 

J'ai sans doute un peu peur de ne plus pouvoir courir, la CàP a été une découverte si fondamentale pour moi, elle correspond au rebond salvateur, dans une vie qui était étouffée, bloquée, coincée. A 30 ans, elle m'a fait renaître, d'abord en découvrant la force du sport, puis en me menant chez les FrontRunners de Paris, autre bascule fondamentale de ma vie.

C'est sans doute pour ça que j'ai si peur de me blesser sérieusement et que je n'ose pas courir sur cette blessure.

 

Du coup ça me pèse de revoir un médecin pour faire un nouveau point. J'ai l'impression qu'ils n'ont rien à me dire de clair et précis. Attendre que ça passe avec ou sans eux, est-ce que ça change?

 

Et puis cet arrêt de la CàP m'interroge sur mon club, est-ce que ça vaut le coup de me réinscrire dans mon club d'athlé si je ne coure pas, mais marche seul dans mon coin?

Est-ce que ça vaut le coup que je refasse des semelles orthopédiques si ce n'est pas pour courir?

 

Autre ressenti, la lourdeur du ventre. Il me semble que la CàP activait ma digestion. Je me sens souvent un peu ballonné et parfois j'ai un mal de ventre piquant.

 

Cet arrêt aura peut-être un intérêt: me détourner un peu de la CàP. Car ces dernières années, l'essentiel de mes loisirs tournaient autour d'une course ou d'une itinérance, seul ou à plusieurs. J'étais devenu monomaniaque je crois. Bigoréxique un peu?

 

Pourtant une autre pratique est venue enrichir ma vie, peut-être verrai-je ça plus tard comme une troisième découverte fondamentale, qui sait? Je suis entré dans une association philosophique, avec grand plaisir.

Mais le sport… ?

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Récit du 26 Juin 2017 pour la course Grand Raid 666

Voir le récit : 6666 en 2017, une 1ère pour moi en marche rapide!, 7Photo(s), 3commentaire(s), 431 lectures

Renoncer... encore

Par CAPCAP - 19-06-2017 20:52:45 - 17 commentaires

Renoncer... Décidément, cette question ne me quitte pas. Pourtant je vais beaucoup mieux depuis 2-3 mois, ce n'est donc pas le mal-être qui me conduit à nouveau à cette réflexion. Je pense même que renoncer est une voie vers un peu de bien-être.

Wiktionary: 1. Quitter, abandonner la possession, le désir de quelque chose, l’attachement à quelque chose. - 2. (Religion) Se dépouiller de tout amour-propre. - "Renoncer à soi-même, ce n'est pas se détruire, c'est donner et se donner" - Michel Quoist

Quand je vois des enfants se chamailler pour un objet, se mesurer, se comparer, j'ai envie de leur dire "Dépêchez-vous d'oublier ce comportement! Ce qui importe n'est pas d'en avoir une plus grosse que le voisin, ce n'est pas d'avoir! Ce qui compte c'est de se donner les moyens d'être, d'être soi, et d'être bien avec l'environnement, avec  les autres" RENONCEZ! renoncez à copier les travers des adultes malades! (les malades, c'est à dire presque tout le monde, non?) Naïveté rousseauiste? Sans doute un peu... J'assume.

"Le Pèlerinage aux Sources" de Lanza Del Vasto m'a sans doute plus marqué que je ne croyais. Même si je ne m'imagine pas une seconde tout abandonner comme lui. Mais le fantasme est là probablement. Juste vivre, être, dans le présent, parmi les plantes, les montagnes, sous le soleil ou sous la pluie, dans la nuit... Finalement est-ce après ça que je coure mes ultra-trails? Est-ce ce que j'aime quand je pars seul 8 jours sur les chemins?

J'ai déjà un peu renoncé à plusieurs choses dans ma vie. 
J'ai renoncé, contraint-forcé, à améliorer mon temps sur marathon. J'ai renoncé à faire chaque année plus de kilomètres, faute d'éviter les blessures. J'ai renoncé à une bonne place dans les course, pour cause de passage forcé à la marche au lieu de la CàP. Mais après avoir renoncé à tout ça, je crois trottiner un peu plus pour le simple plaisir de trottiner.
J'ai sans doute un peu renoncé à me différencier. Oui, je suis un humain sur quelques milliards. Et alors, je peux vivre ma vie sans me croire différent. Oui, je suis une poussière animée, consciente d'être. Consciente de n'être presque rien. Et beaucoup à la fois, un petit point singulier dans une évolution de quelques 14,5 milliards d'années.
Renoncer à la mode je ne peux pas car je n'ai jamais été à la mode. Mais franchement quand je vois les pantalons collants (comme c'est désagréable) et les jeans déchirés d'avance (quelle absurdité environnementale) je me demande pourquoi plus de gens ne renoncent pas à la mode. 
Je crois que j'ai renoncer à me morfondre de ma solitude. Accepter d'être seul si la compagnie ne vient pas est tellement plus apaisant. Cependant se rendre prêt à accueillir la compagnie si elle vient.
Mais au-delà de ces renoncements, il me reste quelque chose, un atrait, une aspiration aux choses, car sinon je me contenterais de méditer là, sans courir, ni regarder les hommes. 

Ne pas renoncer à s'exprimer, mais renoncer au dernier mot.
Mais surtout ne jamais renoncer à défendre des idées humanistes.

Enfin, j'espère bien que quand je sentirai le moment venu, la société acceptera que je renonce à la vie.

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Renoncer, est-ce se libérer?

Par CAPCAP - 22-03-2017 21:00:50 - 7 commentaires

- Le renoncement ou l'acceptation, deux façons d'exprimer notre relation à l'être et à l'avoir. Il n'y a pas forcément de négatif ou de positif dans l'un ou l'autre. À la limite, l'acceptation pourrait se produire par dépit, et le renoncement pourrait être une démarche volontaire et positive.
- Renoncer était un des apprentissages de Lanza Del Vasto dans "Pèlerinage aux Sources", mais je n'ai assurément pas l'ambition d'aller aussi loin dans le renoncement. Notamment car je ne crois ni en un dieu, ni en un au-delà. Lui cherchait par là une liberté vis-à-vis de sa condition humaine, dans le rapprochement avec dieu.
- Renoncer pour être libre de l'addiction et que chaque kilomètre ne soit pas une évidence, un dû, mais un plaisir, un cadeau... Est-ce possible?
- Renoncer à ce que la CàP soit un pivot de ma vie, mais aussi une obsession? En faire un "plus", voire un instrument de liberté? Ça implique de trouver autre chose d'assez fort pour compenser cet énorme vide.
- Renoncer à faire toujours plus de km chaque année, ça j'y ai renoncé il y a deux ans, il a bien fallu avec les petites blessures de l'année. C'est peut-être accepter son humanitude, la limite du corps à faire plus de 3000km par an. C'est peut-être aussi éviter des blessures plus graves, déchirure musculaire, fracture de fatigue... Je me sens effectivement libéré de cette injonction que je me suis faite à moi-même de "toujours plus"
- Renoncer à mon raid breton, c'est le défi du moment, ça me paraît plus dur que de courir 270km sur 6 jours (2016) Sans doute j'en serais que plus libre dans ma tête lors de mes quelques jours chez mes amis, où je me suis arrêté en 2016, et d'où je ne partirai donc pas cette année.
- Renoncer, est-ce suivre les étapes d'un deuil? (toutes proportions gardées, bien sûr) Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation?
- Renoncer à connaître l'Amour? Ce n'est sans doute pas "raisonnable", tout en étant "raisonnable"... selon le point de vue. Question impossible.
- Renoncer à évoluer vers un métier plus intéressant mais nécessitant une prise de risque? Notamment quand on a déjà été bien secoué par une expérience libérale. Et accepter ma place actuelle, petite mais sans doute "acceptable" bien que souvent ressentie comme épuisante.
- Je vois bien que mes périodes d'acceptation de ne pas avoir (pas de renoncement) ci ou ça (amour, travail épanouissant...) me permettent d'aller bien mieux, de sentir de la joie à être, simplement. Et étrangement, ça ressemble à de la liberté.
- Accepter cet arrière-goût amer, souvent même quand j'ai de la joie? Non, de ça je veux guérir.

Bon, je n'apporte pas de conclusion à ce billet, désolé. Je renonce à toute forme imposée.

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2 x 2 x 2 x 2 x 3 . . .

Par CAPCAP - 06-03-2017 22:00:44 - 8 commentaires

2x2x2x2x3 ans. Voilà un drôle d'âge... Peut-être qu'une année au nombre très factorisable sera bien différente de la précédente au nombre premier? La prochaine sera un carré, le carré d'un chiffre symbolique, le 7... Mais la numérologie et moi ça fait deux.Clin d'œil

Bon, je me suis laissé allé, dans mon dernier post.
Ce 2ème billet d'humeur (sombre) n'avait pas le même "goût" que le 1er. Il avait perdu de la spontanéité de ce dernier, ce besoin brut d'écrire, pour soi d'abord sans bien savoir ce qu'on en attend, un cri dans la nuit.
Ce 2ème billet noir était en partie guidé par l'ego, un appel à ces commentaires, à ces témoignages de compassion, à cette attention portée à ma petite personne. Un bon côté de moi l'a bien reçu, comme une offrande. Mais mon ego aussi l'a perçu, comme un vil moyen de satisfaction.

Merci beaucoup pour vos attentions, quoi qu'il en soit, elles font chaud au cœur.
Je tiens aussi à vous dire que, malgré les apparences, je vais globalement mieux! Mais c'est étrange cette sensation d'être toujours un enfant face aux adultes, à presque 50 piges. Trouverais-je un jour la force d'être adulte, et de me comporter comme tel vis-à-vis des autres?

Hé oui, en simplifiant, disons qu'il y a eu plusieurs périodes dans ma vie:
- une descente pendant l'adolescence où je me suis renfermé,
- un fond plat où j'ai vécu dans ma coquille, sans vouloir voir,
- une période chaotique faite d'ouverture des yeux, de crises, mais au final d'une lente remontée,
- aujourd'hui je me considère en convalescence, c'est positif, mais c'est long… j'ai bientôt 50 ans!

Comme l'évoquent vos commentaires à mon précédent billet, des évolutions sont là, des petits bonheurs du quotidien, comme écouter les oiseaux, voir les plantes bourgeonner, sentir le vent et la pluie ou le soleil sur ma figure...
J'ai plaisir à me nourrir sainement, à acheter des produits bios, à cuisiner simplement mais bon, à être en accord avec mes convictions environnementales, notamment en ne mangeant presque plus de viande.

Depuis une dizaine d'années, je fais de la sophrologie, quelques mois avec un guide puis seul, mais dans les périodes les plus dures, je n'arrivais pas à commencer mes séances, je ne pouvais pas décrocher de ce stress, les exercices de relaxation n'y suffisaient pas.

Japhy tu disais "où sont tes amis"? Cette question pointait pile. J'ai comme peur des autres. Et j'ai souvent peur de déranger. Au moins, ici, me lit qui veut!
Une étape me semble importante, il y a deux ans j'ai rejoint une association philosophique, et bien des gens attachants.

Mais le boulot, la CàP, la philo… ça n'est pas simple de gérer tout ça! J'ai besoin de garder du temps pour me reposer, c'est ça aussi la convalescence.

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Récit du 04 Mars 2017 pour la course La Course de la Saint Valentin - 10 km

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