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Merci pour 2020, malgré tout...

Par CAPCAP - 20-12-2020 20:17:17 - 4 commentaires

Étrange texte, il est sorti comme ça, hier. Je l'ai laissé venir. Aujourd'hui l'humeur est plus terne, la fatigue chronique de retour...
Étrange que je dise "merci". D'habitude un merci s'adresse à quelqu'un, or je ne crois pas en dieu. Qui suis-je pour croire qu'il y a une nature supérieure au-dessus de ce monde?
 
 
Merci pour 2020, malgré tout...
 
Merci pour la récupération de mon auriculaire, après 3 mois de port d'une attelle et un premier échec. 
 
Merci pour avoir été déclaré mort le 17 mars, ça m'aura permis de faire le point sur mon rapport à la faucheuse. Je m'en sentais assez détaché, sans en être sûr. Et quand il s'est agit de "moi", je n'ai pas été malmené intérieurement plus que ça. Cela m'a certainement aidé pour la suite.
 
Merci de nous avoir fait découvrir Paris ultra calme, sans auto, sans cri, sans passant, et un printemps qui n'en était que plus beau, floraison des glycines, chant des merles et autres, robiniers (acacias) en fleurs odorantes... Découverte de l'espace public libre...
 
Merci de m'avoir fait découvrir The Shift Project, une association portée par Jean-Marc Jancovici, qui a ouvert l'avenir sur un possible beaucoup moins collapsologue. Sans faux-semblant. Une approche pragmatique de ce qu'il FAUT faire pour réduire notre enfer futur. Regarder cet avenir droit dans les yeux, plutôt que d'en rester à un très sombre imaginaire. Deviner un peu le sentier est bien plus propice à le défricher, que de tout redouter dans l'obscurité.
 
Merci que le cancer de papa ait été du pancréas. Ainsi, nous savons que l'issue était incontournable. Le Covid n'y est pour rien. Et même avec des si, "si le covid n'avait pas été là", il n'aurait pas survécu. Il n'est pas un "dommage collatéral" de cette pandémie. Juste un déraillement de cette incroyable machinerie qu'est la vie. Une chose si "ordinaire", qu'elle en est plus supportable.
 
Merci de ne pas avoir été seul (alors que je le suis si souvent) quand maman m'a appris la mort de papa. Merci d'avoir été avec mes proches les plus proches. Une chaleur qui me connait très bien, moi et mes failles, était là. La présence de ma filleule de 16 ans m'a très certainement aidé à répondre à maman, à lui dire ce que je pouvais...
 
Merci pour deux petits apéros au boulots, où mon directeur relatait le moment où la brigadière lui apprend au téléphone que M. [capcap] est mort. Où j'ai été au centre de la discussion, ce qui n'a pas été le cas depuis 2012 et le GRR. Je suis un peu transparent, pas de mariage, pas d'enfant, pas d'éclat de voix... Je ne tiens pas à être le Centre du Motif (comme disait Anne Sylvestre dans une chanson que j'aime) mais malgré tout, une fois de temps en temps, ça ré-insère dans la société.
 
Merci pour la fin des cadeaux de Noël, fête consumériste et obligatoire qu'on devrait abolir, au profit de petites fêtes plus familiales et réparties dans l'année.
 
Merci pour ces réflexions sur l'après qui ont germé un peu partout, l'après Covid, la réforme ou la révolution de la société... Même si presque tout s'est évaporé avec le déconfinement estival et qu'on ne parle guère plus que de vaccin pour revivre comme avant et d'impensable croissance pour rembourser nos centaines de milliards de nouvelle dette, sur 60 ans...
 
Merci pour cette famille où les choses se sont réparties naturellement, sans heurt, et pour mon rôle de proximité avec maman, où je passe de bons moments avec elle, dans une complicité croissante.
 
Merci pour avoir récupéré de l'endurance et avoir fait ces deux itinérances en rando-course, l'une cet été en Queyras, l'autre cet automne sur le sentier côtier breton, deux somptueuses parenthèses.
 
Merci à Daniel Cordier pour son témoignage sur la vie et la solitude, qui montre avec force et humilié un chemin de vie atypique.
 
Merci à Pierre Larrouturou pour sa grève de la faim exigeant de financement de la dette et de la transition environnementale par la taxation des transactions financières.
 
Merci pour le fait que des objets aussi simples que des masques permettent de réduire de 90% la contagiosité du covid
 
Et ce soir, merci pour avoir retrouvé le chemin vers papa, en méditant. Un peu douloureux, mais sans doute nécessaire, 4 mois après notre dernière entrevue. Je regarde souvent cette photo des deux anges, sculptures naïves de l'église de Mont-Dauphin, qui me font penser à lui.
 
 
 
Mais les séances mensuelles et les retraites de méditation me manquent, je ne suis pas bien autonome... Pour 2021, je souhaiterais retrouver le sangha !
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saute d'humeur

Par CAPCAP - 23-11-2020 20:03:34 - 10 commentaires

Bon, saute d'humeur qui n'avait pas sa place sur le fil du covid :
 
J'en ai marre de ce covid.
Ça fait 35 ans que je me traine une humeur dépressive.
Je me suis fait voler mes papiers en janvier, papiers retrouvés sur un SDF décédé, et on m'a déclaré mort.
Mon père avait mal au ventre en début de confinement, jusqu'à la fin, On lui diagnostique un cancer du pancréas, il meure en aout. Je quitte le petit bout de vacances que je m'étais octroyé.
La j'en ai marre, j'ai juste envie de me reposer loin de ma poubelle qui me sert de logement, loin de mon incapacité relationnelle et loin de ce covid.
Désolé pour l'épanchement. Mais parfois ça déborde...

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2019-20... PFFF

Par CAPCAP - 28-08-2020 21:44:11 - 1 commentaire

2019-20... PFFF

En quelques mots, j'ai 51 ans, j'étais un enfant timide, un ado qui s'enferme à la découverte de son homosexualité, un jeune adulte très coincé, à 30 ans je découvre le sport avec la CàP, 1er marathon, 1er contact avec une asso LGBT. Ouverture du placard, et dépose de la carapace, ça fait mal parfois. Reconnaissance de l'humeur dépressive, antidépresseurs, psychothérapieS. Trail, ultra, GRR bien placé. Bruit du cœur, cardiopathie observée, suivi annuel, puis semestriel, opération en vue.

Gapencime 2016, mal au genou, erreur de diagnostic (pris pour une tendinite), fissure du ménisque en fait, 14 mois sans CàP.

Méditation. Découverte d'Eric Baret. Ça résonne en moi.

Reprise douce de la CàP, vitesse perdue. Mais après 18 mois de fractionné, presque aucune récupération de vitesse. Le moral va mieux.

Fatigue. Encore fatigue. Mais je suis de plus en plus persuadé qu'elle n'est pas due à mon humeur dépressive qui s'atténue. La méditation et la lecture m'amène à être plus présent. Je m'éloigne des pensées circulaires. Mon célibat n'est plus un problème, notamment. Le travail est l'occasion de faire pour le mieux. Je m'observe lâcher quelques prétentions. Je suis bien.

Fatigue pourtant, record battu, nuit de 14 heures!!! Alors que je n’ai rien fait de spécial avant.

1er décembre 2019, 1ère course terminée depuis un an et demi, grand plaisir, mais une petite chute de rien du tout et un petit doigt dont un muscle se désinsère. Atèle.

Mi-janvier 2020, vol de mon sac de sport avec mes papiers. Fin-janvier, on enlève l'atèle. C'est l'échec. Nouvelle tentative pour 2 mois, réussite.

Mi-mars, confinement pour tous. Mais aussi, j'apprends que je suis mort (voir billet pécédent).

Confinement, je suis bien, apaisé. Le monde serait-il donc capable de réagir? Alors il saura peut-être éviter le pire désastre écologique?

Mon père a mal au ventre.

Tous privés de CàP.

Profiter du télétravail pour rattraper le retard, faire du travail de fond. Plaisir.

Je commence à renaître.

Toujours le mal au ventre.

Le confinement me fait découvrir mes voisins (à plusieurs mètres) L'air est incroyablement pur, le silence de la ville est si apaisant.

Reprise des petits footings. La ville est si agréable sans auto! Un avant-goût du grand effondrement? En même temps saisissement de l’arrêt économique sans équivalent dans toute l’histoire.

Je ressuscite presque à Pâques.

Papa a toujours mal au ventre. Enfin un premier examen, peu concluant.

Déconfinement annoncé, appel au boulot pour préparer l’accueil du public. Fin définitive du télétravail.

Fin mai, coloscopie de papa, rendez-vous en urgence avec un chirurgien, c’est un cancer du pancréas, un des plus mauvais. On a compris. Violence de la médecine quand elle ne prend pas de gant, quand elle ignore toute psychologie. Début de dépression paternelle. Il lâche le combat, et ne retrouvera jamais l’envie de vivre. Début de la chimio, arrêt de la chimio à sa demande.

Présence. L’attention au moment présent m’aide à accompagner les parents. Sans douleur personnelle. Suis-je humain? Sensible? Insensible? Suis-je sans le savoir complètement déformé psychiquement? Mon psychothérapeute n’est pas de cet avis. Je me sens apaisé dans le présent, bien que je voie mon père diminuer, diminuer… Pas exactement fataliste, plutôt dans l’acceptation de l’inévitable. Et motivé à vivre ce qui peut encore être vécu avec lui.

Fatigue. Toujours fatigue. Je mets ça sur le pré-deuil, bien sûr. Et sur la pandémie, l’absence de vacances, la CàP résiduelle… Pourtant un doute sur cette fatigue…

Un an? Deux ans que j’en parle à mon généraliste et qu’il n’y "croit pas". Enfin c’est tout comme, puisqu’il ne fait aucune investigation, mis à part une analyse de sang de base.

Je vais remettre la clef du caveau familial aux pompes funèbres. Je dors en marchant… mais je sens que cette fatigue n’est pas liée à la situation macabre.

Appel de l’hôpital où mon petit cœur est suivi depuis dix ans, pour me convoquer à un diagnostic de l’apnée du sommeil. Incompréhension, avec un IMC de 18,9kg/m², je suis loin d’être obèse, et je ne ronfle pas (me dit-on)...

Internet, recherches, je comprends que je n’ai pas un SAOS mais peut-être un SACS (syndrome d’apnées centrales du sommeil). Il n’est pas question d’Obstruction de la gorge par la langue, mais éventuellement d’un problème d’influx nerveux pour commander la respiration. Sous-oxygénation implique micro-éveil et sommeil peu réparateur, donc fatigue.

Influx nerveux. Alors que j'avais déjà des problèmes nerveux proches du "canal carpien". Et les jambes qui sautent m’empêchant de m’endormir, c’est aussi un problème nerveux. Ces deux derniers points sont parfois cités dans les textes sur le SACS. La coïncidence est plus que troublante.

Beaucoup plus sûr, le lien avec ma cardiopathie, c’est général dans la littérature. Sans que l’on sache vraiment lequel influe sur lequel, entre l’œuf et la poule...

Hier on me pose le matériel de diagnostic, avec des capteurs sur le torse, le ventre, la gorge, et même des lunettes dans le nez! Ça va être sympa pour dormir tout ça!!!

Je poursuis mes recherches, de plus en plus persuadé que ma cardiologue a tiré le bon lot. Et j’ai aussi un peu peur d’y croire trop, de désenchanter.

Malheureusement il n’y a presque pas de traitement. Comme pour la version Obstructive, la machine assistante respiratoire est une possibilité. Pas réputée pour être hyper-agréable. L’opposé est le traitement de la cardiopathie. Pour moi ça veut dire opération du cœur pour réparer la valve mitrale fuyarde. Depuis une dizaine d’années qu’on m’en parle, je me suis fait à l’idée. Et puis mon père a été admirablement opéré de sa valve mitrale il y a deux ans. Enfin, je voulais être opéré avant le probable effondrement économique.

Risque opératoire? Chance de retrouver du tonus cardiaque? Chance de mieux dormir et donc de perdre cette fatigue quasi-permanente? Peut-être capable de ranger et nettoyer enfin mon antre? Peut-être capable de rencontrer un amant, un mari? Ne plus craindre la rupture d’un cordage cardiaque quand je pars courir quelques jours...

Rien n’est encore diagnostiqué, mais je m’y vois déjà!

A moins que mon makar soit de recevoir des contraintes de vie toujours plus pesantes?

Bon, en attendant, il est 21h30 et je suis fatigué, je vais donc me coucher...

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Mort-vivant à la carte de cantine

Par CAPCAP - 01-06-2020 19:50:09 - 9 commentaires

Je vous conte une mésaventure de ce début d'année :


Aujourd'hui, lundi 23 mars, on aurait dû enterrer "CAPCAP" en fosse commune.

Enfin, on aurait dû enterrer un corps auquel mon identité avait été attribuée.

Et j'aurais officiellement disparu. Aurais-je pour autant été un mort-vivant? Non. Aurais-je été un sans-papier? Oui, car on me les a volés il y a deux mois au bar où on prend un pot après l’entraînement.

Mi-janvier, c'est déjà si loin !

Et pourtant, 2 mois après, je n'ai pas réglé toutes les conséquences de cette histoire, loin de là!

Ah! Je revois Momo, le gérant du bar, il était vert que ça ait pu se passer chez lui, sous nos yeux, sous ses yeux!

Cependant, rien de grave, pensais-je, car j'avais mes clefs sur moi. Et j'ai pu faire opposition très vite sur ma carte bancaire. Et dans la foulée, j’ai porté plainte en ligne, mais il a fallu 10 jours pour que j'obtienne un rendez-vous pour signer ma déposition...

Puis le temps passe, parfois je procrastine très bien! Je n’ai toujours pas refait faire mon permis de conduire ni ma carte d’identité. Avais-je une "intuition"?

 

23 mars, le Covid-19 confine la société, je me mets, comme tous ceux qui le peuvent, au télétravail.

Je repense à jeudi dernier, où mon chef m’appelle, le DG a été contacté par le commissariat du 11e, lui disant qu’on avait retrouvé le corps de "CAPCAP", mort, avec une carte de la mairie où je bosse. Très surpris, le DG interroge mon chef, qui m’appelle immédiatement. Il s’en doutait, mais il est rassuré, je suis vivant! Je dois appeler le commissariat du 11e, où une brigadière m’explique que la police a retrouvé un corps mort avec mes affaires sur lui, dont mes papiers. Un agent, trouvant sans doute qu’il ressemblait à ma photo, lui a attribué mon identité... Elle me convoque au Commissariat pour le lendemain.

 

1er vendredi du confinement, loin d’être stressé, je traverse Paris à pied, trop heureux d’avoir une raison de sortir par ce beau soleil, dans Paris désert, l’air est pur comme jamais! Ambiance bien moins légère au commissariat, attente, distanciation, masques, gants… La brigadière relit avec moi mon dépôt de plainte. Puis elle me dit que le corps, du voleur probablement, a été retrouvé mort le lendemain du vol. Elle m’apprend qu’il devait être enterré le lundi qui suit, en fosse commune. (Ça fait donc 2 mois qu’il attend dans la morgue!) Et que ceci a été arrêté de justesse.

Le corps, c’est une chose, mais l’identité en est une autre, je suis simplement déclaré mort par la mairie du 11e et le commissariat … Ce dernier a envoyé en urgence une demande pour annuler cet acte. Dans l’après-midi, j’apprendrai que l’acte a pu être intercepté, avant d’être déclaré mort à l’état-civil de mon lieu de naissance, ouf, je ne suis pas encore complètement mort!!!

 

Moment d’émotion, on me présente les affaires de l’homme, un SDF. Je reconnais immédiatement mon sac de sport, celui que j’emmène aux stades depuis des années. Je retrouve mon petit sac avec mes affaires de CàP qui macèrent dans ma sueur depuis deux mois… Mon sac à chaussures. Mon appareil photo, mon permis de conduire, ma carte d’identité, ma carte bancaire… et ma carte de cantine avec le nom de mon employeur, la fameuse qui permettra de remonter jusqu’à moi!

Intermède : Un bref moment de rigolade s'insinue malgré tout, l’odeur piquante ne vient pas des affaires de sport, ni de celles du SDF, en effet il y a deux mois j’avais acheté un munster !!!

 

Lundi 23 mars, j’essaie d’appeler le commissariat de mon arrondissement, où j’ai déclaré le vol, pour savoir si la demande d’annulation de mes papiers a été envoyée aux administrations, même si 1,5 mois après ma plainte, il y a de très fortes chances que mes papiers retrouvés ne soient plus que des bouts de papier et de plastique sans valeur. Des faux parfaits puisque vrais! Ces papiers officiels, sont-ils comme moi, un peu morts? Je ne le sais toujours pas !

 

Jeudi 25 mars. Mon pharmacien m’appelle, heureux de m’entendre. Il a eu un impayé de la Sécu au prétexte que je suis décédé. Ça y est! Me voici mort pour l’Assurance Maladie, et sans doute toutes les grandes administrations… Galère !!! Je suis mort un peu partout... Ça serait le moment de faire un braquage et de disparaître dans la nature. Sauf que doué comme je suis, la police m’intercepterait à coup sûr, même mort-vivant.

 

Conseil important : ayez toujours sur vous une pièce d’identité, comme son nom l’indique, ça peut être très utile pour vous identifier en cas d’accident. Encore mieux, faîtes vous une petite carte avec les coordonnées de proches à prévenir en cas de problème. Je l’ai toujours sur moi en entraînement, mais pas quand je vais au stade, c’est bien dommage…

 

Pour finir, j'estime être quelqu’un qui a un esprit plutôt scientifique, voire cartésien, or je fais face à des coïncidences étranges:

- Pourquoi ai-je eu le pressentiment que je ne devais pas mettre mon sac trop près de la porte du bar?

- Pourquoi ai-je tant procrastiné, sans me décider à faire renouveler les papiers que j’ai finalement retrouvés?

- Pourquoi j’ai osé, pour la première fois, m’adresser à une SDF et à m’occuper un peu d’elle en ce début d’année, alors que mon voleur était probablement SDF?

- Pourquoi ai-je tergiversé à prendre rendez-vous avec le podologue, alors que j’ai une ordonnance depuis des semaines. Et là, j’ai récupéré mes semelles…

- Pourquoi ce type est-il mort d'étouffement en mangeant ce qu'il avait dû payer avec ma CB volée? C'est son karma, disait la brigadière…

- Pourquoi, au bout de deux mois tout de même, "mon" attestation de décès n'a-t-elle pas été encore portée sur l'état civil dans ma commune de naissance?

- Pourquoi deux mois après la découverte du corps, la police se décide-t-elle enfin à appeler l'organisme au nom écrit sur ma carte de cantine? Pourquoi à deux jours seulement de "mon" enterrement?

- Pourquoi dans cette période, ai-je commencé un livre sous-titré "Pour la joie de ne rien être" (d’Eric Baret)

- Pourquoi avais-je écrit le nom de mon employeur sur ma carte de cantine? Sans cela, la police ne m'aurait pas retrouvé et un jour on m'aurait dit que je suis mort depuis longtemps...

 

CAPCAP, mort effrontément vivant !

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Récit du 24 Mars 2020 pour la course Trail du Ventoux - 46 km

Voir le récit : Un Ventoux menteur en 2020, 665 lectures

Amorce de décrue

Par CAPCAP - 04-02-2020 21:34:31 - 3 commentaires

Amorce de décrue

 

Comme c’est bon, les jours pairs !

Les jours pairs ? Parce que je prends 2 gélules !

Non, ce n’est pas du Soleil Vert, je n’ai pas double ration de nourriture en tablette ce jour-là.

Non, ce sont 2 gélules de venlafaxine, mon antidépresseur favori depuis dix ans.

Et les jours impairs, je suis passé à une dose seulement.

J’ai la "chance" de faire partie de ceux qui sont réactifs, qui sentent la molécule le jour même. Alors qu’habituellement c’est lissé sur 1 à 2 semaines.

Remarque, il y a une quinzaine, c’était l’amorce de la décrue. Et hier le manque naquit.

 

Le manque, qu’est-ce donc ? L’effet de l’arrêt d’une source de dépendance ? Certes, mais ai-je déjà connu ça ?

Je n’ai jamais fumé, et donc jamais arrêté, bien sûr.

Je n’ai jamais aimé jouer, et donc jamais dû me priver d’un pari.

Je n’ai jamais dépassé les 71kg pour 1,88m, donc je n’ai jamais fait de régime.

 

Me voici donc novice dans la démarche du manque. Un bleu, un inculte, un bizuth…

 

Faux, si on considère la CàP génératrice de dépendance. 5 ans de bobos divers, m’ont d’abord appris à ne plus courir, en m’isolant des coureurs. Puis à marcher (marche athlétique) en les voyant courir. Et enfin à pouvoir les regarder courir sans gêne.

 

Remarque, n’existe-t-il pas un autre manque ?

Celui lié à une chose qu’on n’a jamais connu et dont on rêve. Comme vivre en milliardaire pour certains, jouer comme Mbappé pour d’autres. Ou comme l’amour pour moi (si on excepte deux amours mort-nés, mais douloureux quand même)

 

Bienveillance. Dans ce manque, je recherche ma bienveillance. J’essaie de m’appliquer à moi-même cette bienveillance que j’ai redécouvert avec la méditation. Et le pire, c’est que ça marche plutôt ! Sauf que, quand je travaille, il est difficile de penser "bienveillance"…

Mais demain est jour impair, je querrai ma bienveillance !

 

Étrange…

Ce dimanche j’apprends que la dernière personne qui m’ait attiré et dont j’avais espoir de faire mon petit-ami il y a plus d’un an, est maintenant en couple…

J’apprends de ma mère, qu’elle a failli m’emmener, ado, chez un psy. Ma vie en aurait sans doute été chamboulée...

Hier j’apprends que la collègue que j’apprécie s’en va, alors que mon collègue flemmard et subreptice reste, et en plus devient l’adjoint du directeur…

Je serais dans un film des Monthy Python, j’aurais bien vu cela comme la main de Dieu qui me met à l’épreuve !



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Récit du 09 Décembre 2019 pour la course Trail de Senlis - 29 km

Voir le récit : Senlis 2019, 2commentaire(s), 469 lectures

Que fer maintenant ?

Par CAPCAP - 14-09-2019 14:48:22 - 5 commentaires

Un peu perdu...
Je ne comprends plus vraiment comment je fonctionne au niveau CàP.

Petit rappel médical:
1) 12 ans que je sais mon cœur atteint d'une maladie valvulaire, qui conduira à l'opération un jour.
2) 3 ans que j'ai des problèmes de genoux (fissure de ménisques)
3) 1,5 mois que ma fatigue chronique est attribuée à une anémie. La prise de fer en cachet m'a déjà redonné un peu d'énergie

Contexte sportif:
Ma VMA tournait autour de 16,5 à 17 entre 2001 et 2015. Aujourd'hui elle est de 14km/h.
Il y a peu, je faisais mes séries de 300 ou 400m à 12km/h environ. Ça devait être ma VMA pour la saison 2018-19.
La semaine dernière à 1'18" sur 300m, correspondant à une VMA proche de 14km/h
Je ne sens plus d'essoufflement en courant, même si je me sens toujours diminué.
J'arrive parfois à monter d'un coup mais lentement, les trois étages que je montais 2 par 2 il y a 4 ans. Jusqu'à peu, j'étais très souvent obligé de m'arrêter à cause d'un essoufflement.

Conclusions
Envolée! L'idée selon laquelle mon affaiblissement était liée à ma cardiopathie est caduque, j'imagine mal ma valve mitrale se détériorer puis se réparer toute seule. Donc mon regain d'énergie est bien dû à la complémentation en fer.

Questionnement:
Pourquoi ai-je perdu du fer? Maladie? Mauvaise assimilation? Carence alimentaire? Autre?
Il faut noter que je suis féxi-végétarien depuis 2-3 ans et que ça correspond à peu près au début de ma fatigue, même si c'est difficile à préciser du fait de mon humeur dépressive chronique et du chamboulement sportif qu'ont constitué mes fissures des ménisques dans cette période.
Je trouve que depuis mi-juillet, mes selles sont régulièrement sombres. Perte de fer? Bizarrement mon test de recherche de fer dans les selles avait lieu juste avant, un jour où celles-ci étaient particulièrement claires...
Manger plus de quinoa, du boudin noir de temps en temps? (je considère le boudin comme un résidu de la production de viande de porc, donc à impact environnemental raisonnable, je sais c'est discutable)

Il est clair que je poursuis mon traitement au fer et qu'à la fin de ce-dernier, je refais un point avec mon médecin du sport.
J'espère qu'il saura me dire que "fer".

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De l'Abandon et du renoncement

Par CAPCAP - 06-08-2019 07:29:54 - 6 commentaires

Plus de 13 ans que je participe à ce forum, seulement un peu plus d’un an que j’écris sur mon kikoublog. Peut-être de façon trop ouverte. Mais le fait que la CàP ait été si importante dans ma vie, me retient toujours sur Kikouroù.
Je me suis lâché en période de crise car il y avait urgence. J'ai bien moins écrit quand j'allais bien, car d'autres choses m'appelaient.

Aujourd'hui je sors d'une belle période, où le calme intérieur m'habite. Avec un fond de doute cependant. En effet, je perçois ce calme intérieur essentiellement comme le fruit d'un abandon de prétention, pour reprendre Eric Baret. Prétendre à avoir un meilleur salaire, une voiture rouge, un compagnon... prétendre à un bon niveau de CàP dans mon club, à faire des ultra-distances... Tout ceci n'est que prétention, et je crois avoir commencé à vivre ce détachement, même si je ne m'en croyais pas capable.

En compensation, j'ai donné plus de place à la contemplation, l'écoute d'un chant d'oiseau, l'observation de la croissance d'une plante ou du déploiement d'une fleur... Mais je me suis aussi vu conquis par la joie, en voyant l'amour paternel d'un homme posant sa main sur la tête de son fiston. Jusque-là ces visions me remplissaient d'amertume et d'envie. Je suis donc devenu capable de bonheur à la vue de l'amour des autres, quelle évolution!

Mais comment vais-je diriger ma vie avec ça dans la tête? Il y a tant de choses auxquelles je n'ai pas (encore?) renoncé, que je ne peux pas être ascète ou illuminé. Cependant je ne vis pas très bien les rivalités des envieux de mon boulot, et encore je suis dans la fonction publique. Je voudrais juste pouvoir donner le meilleur de moi-même dans mon job et qu'on me foute la paix. Je n'ai pas grand chose à quoi m'accrocher dans cette vie, et mon travail en est la première. J'ai besoin de croire en ce que j'y fais.

Mais aujourd'hui, en réunion de service, on nous a parlé de la nécessité de dégager du temps pour la structuration du service. Sur le fond je trouve ça très bien, sauf que je me sens déjà saturé, pas loin de la noyade. J'ai besoin de faire les choses bien, j'ai énormément de difficulté à faire vite et mal. J'ai alors l'impression de trahir l'intérêt public et de ne plus mériter de ma collectivité.
Ça peut paraître débile, dans ce monde brutal, de penser ainsi, ou au moins faire sourire. Mais on peut être un petit fonctionnaire avec une petite vie, solitaire, et donner beaucoup de sa personne. Bien sûr ça n'est pas pour autant qu'on sera compris ou remercié. Là aussi il me semble qu'il faut tenter d'abandonner ses prétentions et se suffire d'y mettre son cœur et son énergie. Encore faut-il rester connecté aux réalités et répondre aux attentes, sans délirer sur ce qu'il faudrait faire si j'étais décideur; chacun à sa place, si possible avec bienveillance et loyauté (?!?)

Je me demande si le bouddhisme est compatible avec notre société. Est-ce que ça peut cohabiter avec le capitalisme? Est-on voué à se désinsérer et à chercher une place marginale?
Je ne suis qu'au début de mon chemin bouddhiste, mais déjà ces questions se posent. Ai-je confiance ou ai-je peur? Pour Eric Baret, ce sont toujours des peurs qui nous font agir. Mais je suis encore très très loin d'avoir lâché mes peurs.
Notamment je sais que j'ai une grande peur en moi de mes congénères humains, qui remonte à l'enfance, mais très renforcée à l'adolescence quand je me suis découvert homo. À cinquante ans je n'ai toujours pas su dépasser ça. Je crois que je n'ai plus qu'à abandonner ma prétention à me "guérir" et à accepter de vivre avec mes fêlures, même si elles me privent de tout un pan de la vie humaine.
Je ne crois plus aux psychothérapies même si je n'arrête pas, on ne sait jamais, je pourrais me tromper...
Je préfère vivre à moitié mais avec un certain contentement, que de croire encore aux soins mentaux et à une trop hypothétique vie meilleure.
"Renoncer", je l'évoquais dans un précédent billet. Je l'ai croisé, écrit avec beaucoup de force par Eric Baret dans "De l'Abandon"
Je ne sais pas où je vais, mais au fond, qui sait où il mène sa vie?

Et tant pis si je ne renonce pas à la prétention de vous intéresser et de trouver vos commentaires ci-dessous...

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Homophobie inconsciente

Par CAPCAP - 20-07-2019 10:42:10 - 2 commentaires

Bon, je pense que mon message a plus sa place sur mon blog que sur le sujet du forum Sport et homosexualité

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Pas de sport aujourd'hui, si ce n'est un mélange boxe et de lutte par des voisins de parc, bref de chamaillerie.

6 ans après la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, je pensais que la société avait progressé.
Non.
Ces jeunes continuent à utiliser pour principale insulte 'PD" ou "enculé"
Sauf qu'aujourd'hui ils disent volontiers "enculé de ta mère" ce qui est encore plus con.

J'en peux plus

A 50 ans j'espère toujours pouvoir me défaire un jour de mon homophobie intériorisée due en grande partie à ces insultes entendues tous les jours, maintes fois, tous les jours, 'PD" "enculé" au collège.
Le début de 35 ans d'état dépressif. Et bientôt je "fête" mes 10 ans sous antidépresseurs.

Mais putain, quand est-ce que les recteurs d'académie cesseront d'être complices d'assassinats qui ne portent pas leur nom: un taux de suicide bien supérieur chez les jeunes homos???
Attendent-ils qu'on les porte devant les tribunaux pour inaction face à un risque avéré de suicide, face à du harcèlement permanent qu'on laisse faire?
Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savent pas.

Je ne me suis pas suicidé, mais je reste sacrément cabossé.
Et le système de santé ne sait RIEN faire pour nous. Enfin, il est vrai que la psychiatrie ne sait pas faire grand chose de plus pour les autres. Tout juste faire écouter nos paroles par des gens dont les frais sont remboursés à 0%

J'en ai marre...


[Edit] dans un rapport ces inutiles du ministère de la santé osent déclarer "La prévention du suicide constitue en France l’une des priorités de santé publique." Mon C_L aussi est une priorité du ministère...


[Edit] Tout est dit ICI, le site Santé Publique France ne contient aucune référence à la psychiatrie dans le sommaire. Et quand on va dans l'index à homosexualité, sur les 150 premiers sujets, tous portent sur VIH et IST, 1 seul est plus psy...

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Bon, la crise est passée, comme toujours... mais cette expérience montre que le fond est toujours sensible, malgré mes 50 balais.
Désolé pour les Kikous qui venaient partager leur passion et qui sont tombés sur ce message peu optimiste.

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