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J'espérais la fin de la convalescence

Par CAPCAP - 12-05-2019 15:38:56 - 4 commentaires

J'espérais la fin de la convalescence

En effet, de mes 15 ans à aujourd'hui, je me traîne une humeur plus ou moins dépressive issue de ma difficulté à accepter mon homosexualité dans cette société. Je ne suis jamais vraiment sorti de l'adolescence, dans ce sens que je n'ai jamais fait complètement le travail de socialisation adulte et je reste bien handicapé de ce côté là.

A 30 ans, j'ai commencé à faire du sport grâce à la découverte de la course à pied, enfin un sport où on n'est pas en compétition avec les autres! 15 ans d'efforts, de sueur, de bonheur! Ceci m'a aidé à me socialiser, à prendre un peu d'assurance.

Au fil des ans et des thérapies (le terme fait rire jaune quand on pense que ça ressemble aux saignées sous Molière) je vais quand même un peu mieux. Mais je suis toujours à peu près incapable de flirter avec un homme, même au sein d'un club LGBT. Du coup ma vie sexuelle et sentimentale est atone.

On m'a fait découvrir la méditation et Eric Baret. Ça a bien nourri ma vie ces derniers mois. Mais l'objectif de renoncer à sa prétention d'une raison d'être n'est pas facile.
Lors d'une merveilleuse retraite de méditation, j'ai réduit les antidépresseurs de moitié comme évoqué avec mon psy, car j'avais oublié mon chlorure de magnésium qui me permet de maîtriser mon SJSR, effet secondaire de la prescription. Et une semaine après, je ressens le manque. Le manque chimique d'une part. Mais aussi en mal de ressenti sportif, du fait de mon insuffisance cardiaque. Ensuite en mal d'amitié et d'amour. En manque de contact charnel.

Bien évidemment, j'ai remonté le dosage d'antidépresseur à la prescription de mon généraliste. Reste à patienter...

Mais je profite de cette mésaventure pour pousser un cri: quand mettra-t-on en place un minimum de prévention psychologique?

15% des populations souffrent d'une mauvaise santé mentale, soit environ 10 million de français.

Et au lieu d'essayer de prendre les problèmes en amont, là où ils sont les moins difficiles à traiter, on attend que les gens soient suffisamment mal pour les envoyer à l'hôpital psy où ils coûtent une fortune à la collectivité.

Quand est-ce que les différentes écoles de thérapie reconnaitront d'être assez inefficaces et d'avoir l'humilité de s'unir pour évaluer les soins et envisager un avenir plus clair à la santé mentale?

On est comme à l'époque de Molière: on fait parler le malade pour faire sortir le mal, comme on saignait les malades à l'époque du "Médecin malgré lui"

Les généralistes, eux, essaient de pallier à l'urgence par la prescription de petites pilules. Mais combien de temps ont-ils passé à la fac sur les sujets psy? A peine un instant! Ils ne savent (presque) rien sur la santé mentale. Juste prescrire des antidépresseurs.
Et qui pour les aider? Personne. Personne pour évaluer le problème du patient, pour envisager la thérapie la plus adaptée, pour orienter ce dernier vers un professionnel. Personne pour apporter une "bourse" au patient qui ne peut pas payer un traitement pris en charge à 0% la plupart du temps.

Sinon, il faut prendre son ticket au Centre Médico-Psychiatrique et attendre... attendre des mois pour avoir une place avec un professionnel surchargé.

Non, le système de soin français n'est pas bon, puisqu'il néglige la santé mentale.


J'espérais la fin de la convalescence

Oui, je pensais quand même aller mieux et pouvoir vivre un peu, plutôt que survivre dans mon mal-être.

Et puis ce prolapsus mitral est arrivé. S'en suit une insuffisance cardiaque qui m'empêche de monter dans les tours. Il n'y a pas si longtemps, je faisais des 200m sur piste à 16 km/h environ, aujourd'hui je peine à 11,3km/h...

Je n'ai plus aucun ressenti de l'effort, ce bien-être lié aux endorphines, au plaisir d'une bonne séance, où on s'est bien donné. Je sais, je devrais me dire que j'ai la chance de pouvoir courir. Mais je me sens privé de dessert. Un peu comme si on avait réduit mes antidépresseurs. Un des rares aspects un peu goûtus de ma pauvre vie a disparu.

Et quand on est gay, voir les autres hommes s'adonner avec joie et force à la CàP, c'est la double punition. J'ai tendance à me sentir nul et non-désirable.

Bon, je finirais presque par espérer que ma prochaine échocardiographie d'effort montrera que je dois passer sur le billard pour bricoler ma valve mitrale, en espérant pouvoir retrouver du souffle après.

S'en suivrait une convalescence cardiaque, bien sûr, qui me permettrait sans doute, enfin je l'espère, de reprendre ma convalescence psychologique.

Et si j'arrive à trouver un peu d'énergie dans tout ça, j'aimerais militer pour que le gouvernement, quel qu'il soit, mette en place un système minimal de prévention en santé mentale.

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Récit du 14 Avril 2019 pour la course Marathon de Paris

Voir le récit : 2h45 au marathon de Paris!, 3commentaire(s), 380 lectures

la raison de mon avatar

Par CAPCAP - 08-04-2019 22:02:26 - 6 commentaires

Pas facile de prendre la plume, même virtuelle, après ces deux très beaux et émouvants billets du Lutin.

Du coup je vais faire dans le très léger et vous montrer la raison de mon avatar:

A partir de 1926...

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Un dernier avant ...

Par CAPCAP - 24-02-2019 22:18:14 - 6 commentaires

Oui, un dernier billet égocentré avant de franchir les cinquantièmes rugissants.

 

Oui, un dernier petit footing avant de changer de dizaine.

En effet, je coure à nouveau depuis septembre, et mes genoux me laissent de plus en plus tranquille. Il faut dire que m’a vitesse étant très faible depuis des mois, et ne faisant plus de trail, je ne les sollicite plus trop. Au stade, je ne suis pas prêt à reprendre les éducatifs avec les autres. Et je suis dans les tous derniers au fractionné...

Mais je reprends un peu plus souvent du plaisir à courir, comme ce matin par exemple, au bois de Boulogne.

Ça me fait bizarre de penser que je vais certainement commencer ma seconde cinquantaine par une opération avec arrêt du cœur, ce bel organe qui ne s’est jamais totalement reposé depuis le 25 février 1969.

Oui, mes genoux ne se font presque plus sentir, et ça se sent bien sur le moral. J'ai même retrouvé parfois un plaisir certain.

Bien sûr je reste envieux de la jeunesse qui court nonchalamment et toutefois puissamment, mais ça c'est la prise d'âge, ça n'ira pas en s'améliorant, cependant je le supporte pas trop mal en ce moment.

Toujours des essoufflements quotidiens, du coup je démarre lentement les escaliers, faut bien faire avec. Et puis avec le temps on s'habitue c'est tout, comme disait Jacques.

Encore la tendinite au coude droit, mais atténuée par le diclofenac.

 

Un dernier trail avant de faire opérer mon cœur?

Est-ce raisonnable? En ai-je la force (gros doute) ? En ai-je finalement l’envie?

Enfin, là, je vais un peu vite en besogne. Certes, mon cousin chirurgien cardiaque en province, à la vue du rapport de mon cardiologue, m’a dit que je devrais me faire opérer dans l’année ou les 2 ans. Mais je vais demander l’avis d’un autre professionnel début mai, ça ne me semble pas exagéré avant une opération de la valve de ma petite pompe. M’interdira-t-il toute course avant l’opération ? Ou au contraire me dira-t-il que je peux poursuivre encore quelques temps et repousser l’échéance opératoire ?

Alors un dernier trail, celui du Josas? Zut, reste plus que le 42km, c’est beaucoup pour moi, ma Diagonale est très lointaine… Je suis sur liste d’attente sur le 25km...

15 ans !!! Déjà 15 ans que je fais du trail! Ni précurseur, ni avant-gardiste, mais dans le début du peloton des néo-traileurs, un peu comme en course où j'étais souvent dans les 15 à 30 premiers % de coureurs (sauf sur la Diagonale où j'étais dans les 10%, allez comprendre pourquoi...) Maintenant, j'aimerais bien être dans les 30 premiers % en terme de plaisir pris à courir !!!

 

Une dernière itinérance avant la chirurgie?

Je sais que si je prévois une itinérance sur la suite du sentier côtier breton, il me faudra raccourcir nettement ma distance quotidienne car j'ai beaucoup perdu en vitesse et en endurance. J'ai dû me faire une raison et je pense pouvoir tout de même y prendre plaisir.

 

Une dernière séance de méditation avant la retraite?

J'ai décidé de m'inscrire à une retraite de méditation et une amie vient aussi, ça me fait plaisir. Au moins je sais ce que je ferai de 5 de mes jours de congés. Reste à avoir envie de quelque chose pour l'été...

De plus en plus, je suis attaché à mes 20 minutes de marche pour aller au taf et en revenir. J'y ferme autant que possible mes yeux, portant mon attention sur le sol, mes jambes, le froid sur mes doigts, le vent sur ma figure, ou encore les gouttes de pluie... Je finis par ressentir ces stimulations auxquelles on porte peu attention, comme des caresses, elles me font du bien. Je crois que je tire ça de la méditation et d'une interprétation qui m'était venue, mais aussi de la lecture d'Eric Baret, De l'Abandon. Il y dit notamment que les perceptions de nos sens sont les véritables bonheurs (évidemment je le retranscrit mal...) En tout cas, je me sens beaucoup plus présent aux choses et je n'ai presque plus de réactions négatives, par exemple vis-à-vis d'un automobiliste, d'un collègue, d'une nouvelle alarmante sur l'environnement... Les choses sont ainsi, il n'y a rien à changer (j'ai encore un peu de mal à dire "les choses sont BIEN ainsi..." comme E. Baret) Il me semble que ce livre pourrait me transformer. C'est à la fois enthousiasmant et flippant... Quelle maîtrise ai-je là-dedans? Je crois qu'au fond de moi, je le veux. Et ce type m'inspire. Qui sait, peut-être un jour je me mettrai aussi au Yoga du Cachemire? Cependant, je ne perçois pas encore bien comment on peut associer ces pensées avec le monde contemporain. Est-ce compatible avec un travail du début du 21ème siècle et ses contraintes d'efficacité, de pression, de relations humaines en tension, de rentabilité...? Ou cela impliquera-t-il de changer de mode de vie, de travail, de lieu peut-être aussi? Je n'en sais encore rien.

Mais au jour le jour, je prends ce bien-être comme il vient, j'en profite dans le présent.

 

Une dernière gélule avant de sautiller?

Quant à la part des antidépresseurs, je serais bien incapable d'en juger. Depuis 9 ans que j'en prends à différentes doses suivant les périodes, je n'ai jamais su objectiver leur effet, voire même en avoir une idée subjective. Ce qu'il me semble cependant, c'est qu'ils renforcent mes problèmes de jambes sautillantes (SJSR) qui retardent parfois pas mal mon endormissement (ou me gênent pour la méditation). Si depuis ce nouveau bien-être, je ne m'en énerve pas, je les tolère même assez bien, toujours est-il que je reste éveillé, ceci de quelques minutes jusqu'à 2h. Mon médecin a eu la franchise de me dire qu'il ne donnait plus rien pour traiter cela. A priori, c'est sans remède, je demanderai à mon frère comment il gère ses impatiences, lui qui a ça qui me semble très proche, depuis des années.

 

Allez! Une dernière nuit avant le demi-siècle!

Bonne nuit!

CAPCAP

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Jeune Kikou et le GPS

Par CAPCAP - 16-01-2019 20:14:09 - 11 commentaires

Ah! Jeune Kikou de passage,

Ne te méprends pas, en regardant le forum Matos,

Comme ce soir, par exemple:

Cet extrait te laisserait penser que tout bon traileur DOIT porter une montre-GPS,

Voire, qu'il est NECESSAIRE de se doter de cet objet pour arpenter les chemins,

Enfin, qu'il est INCONTOURNABLE de dépenser de 300 à 850€ pour habiller ton cher poignet...

 

Que nenni !

On peut encore suivre sobrement le balisage,

Suivre son temps sur une simple montre, oui, ce truc qui affiche l'heure!!!

D'ailleurs, je ne connais aucune course qui rende le GPS obligatoire, malgré les listes à la Prévert de matériel obligatoire.

 

Et pour ce qui est des itinérances, que j'affectionne tant, un simple smartphone suffit amplement à suivre ou rechercher sa route. Et même enregistrer sa trace

A 200€, on trouve un téléphone très suffisant pour installer Oruxmaps et les cartes Openstreetmap.

Et en plus ON PEUT TELEPHONER AVEC !!! (et éventuellement prendre des photos...)  :D

 

 

Bon, je ne sais pas trop pourquoi ce billet, ce soir...

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2018 s'achève… qu'en dire ?

Par CAPCAP - 30-12-2018 22:24:20 - 7 commentaires

 

2018 s'achève… qu'en dire ?

2018… je suis toujours trop égocentré. Mais ici c'est mon blog.

 

Une année marquée comme 2017 par la difficulté avec la CàP, avec un fort impact sur le moral. Je n'y reviens pas, je me suis assez étalé sur ce sujet dans mes billets précédents.

 

Une fin d'année chaotique, avec un très fort espoir, suivi d'un certain désespoir.

En effet, 15 ans après la dernière fois (et la première), je suis tombé amoureux!

Mais comme la dernière fois (et la première), je suis tombé bien bas, car l'autre n'a pas voulu…

 

De plus, je me sens très concerné par les questions environnementales. Mais je n'ai pas trouvé l'énergie de m'investir dans une ONG ou de prendre un emploi dans ce domaine.

Et malheureusement, être économe en énergie et peu émetteur de GES est peu sexy, voir plutôt repoussoir. Les homos ne seraient-ils pas plus que les homos, inintéressés par l'environnement? Être végétarien passe assez bien, mais renoncer à ses vacances lointaines passe mal.

 

Je sais que voir plus de monde me ferait du bien, mais ce n'est pas si simple. D'abord parce qu'une fatigue chronique m'éloigne des soirées.

 

Côté cardiologique, l'année a été rude pour mon père, une syncope non-objectivée, la pose d'un pacemaker, une péricardite très grave, le remplacement d'une valve… et 2 petites pertes visuelles non-objectivées, possiblement des mini-AVC.

Et pour moi, également porteur de la même maladie (prolapsus mitral) l'observation d'essoufflements plus nombreux et marqués. Lors de la dernière échocardio, j'ai cru que le cardiologue allait m'envoyer direct à l'opération… et puis non.

 

2019… et alors?

Dans 2 mois j'aurai 50 ans. Un demi-siècle. Presque les deux tiers de mon espérance de vie. Environ quatre cinquièmes (80%) de mon espérance de vie en bonne santé.

"En bonne santé"… voilà qui fait réfléchir. Plus de 3 décennies d'humeur dépressive et 9 ans sous antidépresseurs. Sachant qu'une dépression impacte la durée de vie de 7 à 11 ans1, qu'en est-il d'une humeur dépressive chronique?

De plus un homo vit moins longtemps qu'un hétéro, surtout en milieu hostile (ce qui n'est pas mon cas, mais je souffre d'une homophobie intériorisée)2

Bon, laissons là les nombres, ça ne dit rien de crédible pour "mon" cas.

 

En effet, comme le dit Alain Chamfort dans "Exister", ça fait bien longtemps que l'idée de me "désabonner" me passe périodiquement en tête. Mais le suicide arrive en moyenne à 55,7 ans chez les homos, ça "me laisse" un peu plus de 5 ans!

 

Si j'ose une statistique sans aucune valeur scientifique, la prochaine fois que je tomberai amoureux sera dans 15 ans. J'en aurais 65… je ne serais donc plus en bonne santé…

2019 ne devrait pas dépareiller des années d'avant, avec encore des nouvelles toujours pires de notre impact sur l'environnement. Je n'arrive pas à m'en foutre et me dire que je vis au mieux ce qui me reste à vivre.

 

Au printemps prochain, j'espère bien participer à une retraite de méditation. Je sens cette pratique comme très salutaire. Et en plus agréable.

 

Enfin, 2019 devrait voir mon temps de travail passer de temps plein à 4/5. Je devrais donc avoir 1 jour de repos de plus par semaine, me permettant d'être moins fatigué, de m'occuper de mon appartement délaissé, et de voir plus de monde avec plus d'activités, notamment culturelles.

 

Et pour revenir au sujet de Kikouroù, je vais sans doute faire le trail des Tranchées et un nouveau morceau du sentier côtier breton.

 

 

Ouf!

"M'écrire", ou "vous" écrire, m'a fait du bien.

A l'entraînement de ce matin, il y avait mon amour déçu, ça m'a piqué...

 

 

1http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/05/23/22381-maladies-mentales-affectent-lesperance-vie

2https://www.huffingtonpost.fr/2014/02/18/etre-homo-dans-un-milieu-homophobe_n_4807017.html

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- 31 %

Par CAPCAP - 14-12-2018 00:19:00 - 12 commentaires

-31%

C'est ma chutte de VMA.

En 19 ans de CàP et 5 clubs, j'en ai vu des gens revenir de blessure.

Mais je n'ai jamais vu quelqu'un avoir autant perdu en VMA.

Je me demande quoi en penser.

Visiblement mon médecin concidère que je vais bien, tant que ses quelques examens sont conformes à la norme.

C'est vrai que je mange, je bois, je dors, je travaille, je pisse, je chie, je pense (peut-être trop... peut-être mal)

Ca fait 3,5 mois que j'ai repris la course, après 6 mois consacrés à la marche athlétique (pour ne pas trop perdre) Et je ne reprends toujours pas de vitesse.

Quand j'ai parlé de mes essoufflements à mon cardiologue la semaine dernière, j'ai cru qu'il allait m'envoyer à l'opération du coeur dans les 15 jours... pour finalement me donner un rendez-vous de consultation dans 6 mois! Je n'aipas tout compris.

Oublier la piste? Je risque de ne plus courir qu'une fois par semaine. Voire de devenir sédentaire, ce qui n'est ni bon pour le moral, ni pour le physique (surtout à 50 ans)

 

Quand même, zut, presque 1/3 de VMA en moins, c'est beaucoup !

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Récit du 03 Décembre 2018 pour la course Trail de Senlis - 15 km

Voir le récit : Trail de Senlis (Genoux, cœur et torse), 2commentaire(s), 195 lectures

Peut-on rajeunir?

Par CAPCAP - 30-11-2018 07:22:04 - 6 commentaires

Il n'est pas ici question de rajeunir physiquement, ça je ne me fais pas trop d'illusions...
Non, rajeunir mentalement, mais avant la jeunesse sénile j'entends.
 
Ce matin, j'allais au travail, autant que possible en présence. J'aime bien cette période où le ciel est à peine plus clair que les rues.
 
En passant dans un square, comme tous les matins, je vois 3 merles, ils se font discrets d'habitude en hiver. J'aime à passer pas trop prêt, sans geste brusque, en sifflotant maladroitement, essayant de leur dire que je les respecte.
 
Pensant à ma lecture actuelle, "De l'Abandon" d'Eric Baret, j'essaie d'observer mes émotions. Et là je me dis que je ressens une joie simple à la vue de ces trois petites vies. Est-ce ça qu'on apprécie à voir un chien, un chat, voire un bébé, un jeune enfant? Une empathie devant la vie?
 
Du coup je me suis demandé ce qui nous empêche de ressentir cette même joie de vie en voyant des adultes, qu'est-ce qui nous empêche de sentir cette même empathie face à nos semblables? La peur de l'autre? La rivalité, l'hostilité potentielle, voire la perversité de certains humains?
 
Du coup j'ai essayé de regarder les passants dans la rue avec la même simplicité, comme de merveilleux êtres doués de vie, avec une vraie naïveté diront certains. Alors tout était différent, un visage asiatique, un visage un peu fatigué, un ado fermé, un parent attentif... Tous ces visages m'éclairaient.
 
Cela m'a fait penser à une vieille pub télé, où la caméra était placée à hauteur d'enfant et disait avec une petite voix "bonjour" aux gens dans la rue, qui répondaient bonjour avec un visage lumineux, puis la caméra montait un peu, la voix s'affirmait et les réponses étaient plus distantes, et enfin la caméra et la voix d'adulte ne recevait plus de réponse mais un détournement. L'empathie envers un enfant se transformait en méfiance envers un adulte.
 
Saurons-nous retrouver la naïveté enfantine?
 
Picasso disait "Quand j'étais enfant, je dessinais comme Raphaël mais il m'a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant."
 
Alors l'espoir est permis!
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Arrêter la CàP ?

Par CAPCAP - 20-10-2018 21:21:54 - 12 commentaires

Arrêter la CàP ?


Je n'étais rien

A partir de l'adolescence et de la découverte de mon homosexualité que je n'ai pas acceptée, je me suis enfermé dans une coquille, protectrice mais étouffante.

Incapable de trouver ma place, notamment dans le sport où l'omniprésente compétition m'a fait fuir, j'avais trop l'impression d'être inférieur pour accepter de me comparer. Complexé.

 

Je suis devenu un sportif

A 30 ans, j'essaie la Course à Pied. Je découvre véritablement le sport, cette incroyable sensation d'être. D'être physiquement, par la douleur à l'effort comme par l'envol dû aux endorphines.

Mon corps réapproprié (approprié, j'ai envie de dire) je me sens prêt à faire face à une part occultée de moi, ma sexualité (ou plutôt mon asexualité) je rejoins un club de CàP LGBT, les Front Runners de Paris. Même si maladroitement, je découvre un peu l'amour et la sexualité, pour mon tiers de siècle. En parallèle, je découvre aussi le trail, je sens déjà tout ce qui m'y plaira, endurance, variété, paysages, ambiance, etc...

Je me rends compte que j'ai de bonnes capacités pour cette activité, je monte bien (dès qu'il faut marcher) je descends vite et avec agilité, j'ai une grande endurance, j'ai une assez bonne gestion de course.

Au sommet de mon émotion, non seulement j'arrive au bout de la Diagonale, mais en plus je m'offre une inespérée 215° place!!! Je n'avais jamais ressenti cette admiration autour de moi, j'avais d'ailleurs du mal à "avouer" ce beau succès, comme si c'était pêcher d'orgueil.

Mais le 170km n'est pas mon truc. Je m'initie alors à l'itinérance en CàP avec Marcher, Courir et Découvrir au Maroc, puis dans le Jura avec Courir et Découvrir, pour enfin me lancer seul sur le GR65. Je me suis rarement senti si bien que sur ces itinérances.

* En consacrant presque 100% de mon temps de loisir à la CàP, j'ai négligé mon intérieur, notamment j'ai à peu prêt arrêté de ranger. En presque 20 ans mon appart est devenu une horreur.*

 

Fissure du ménisque et cardiopathie

Ma maladie de la valve mitrale m'était connue depuis des années, mais non symptomatique.

Mais il y a 2 ans je ressens une petite douleur au genou droit. Au final, je sais qu'il n'y a rien à faire, mes ménisques sont fatigués. Et moi aussi, 14 mois sans courir, pour voir si ça passe, m'ont épuisés. Mon humeur dépressive est remontée.

C'est là que la cardiopathie s'invite à nouveau, je ressens des essoufflements inhabituels, dans ces mois où mon père se faisait suivre de très prêt pour finalement se faire opérer 2 fois du cœur.

Je sais qu'une composante psychologique non-négligeable exacerbe le ressenti de ma cardiopathie. Mais mon cardiologue m'annonce depuis des années que je devrai me faire opérer un jour.

Dans un précédent billet, j'ai évoqué cette régression physique inévitable en me questionnant sur la façon de m'y préparer.

Depuis que j'ai repris laborieusement la CàP il y a 6 mois, je sens bien que ça ne reviendra pas. En tout cas le plaisir ne revient pas...

 

Et après ?

Je me rends compte que j'ai complètement associé ma confiance en moi à ma pratique de la CàP. Ceci explique le regain notable de mon humeur dépressive.

Il faut dire que je n'ai pas su mettre autre chose que la CàP dans ma vie, hormis le travail. Pas de mari ni d'amant, pas d'enfant à voir grandir amoureusement, pas d'autre passion ou activité régulière.

Je sens le manque de sport, celui qui apporte bien-être et endorphines, pas ce footing minable entre deux essoufflements.

*Le temps de CàP "économisé" ne me permet pas pour autant de ranger, car je n'en n'ai pas la force morale.*

Je voudrais aussi travailler sur la dissociation de cette image positive de moi-même, de la CàP. Je dois appendre à vivre potentiellement sans CàP, sans que mon monde s'effondre.

Et il faudra sans doute que je trouve un autre sport d'endurance moins traumatisant pour les genoux et que je puisse pratiquer même avec un cœur fortement affaibli. Je sens que les candidats ne se bousculent pas!

 

*...* édit.

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